Haïti/Sécurité : 1 123 morts en trois mois, l’ONU alerte sur l’escalade de la violence

Les violences liées aux gangs ont fait 1 123 morts et 440 blessés entre juillet et début octobre 2026 en Haïti, selon un rapport de l’ONU présenté lundi au Conseil de sécurité. Malgré l’intensification des opérations sécuritaires, les groupes armés poursuivent leurs attaques et étendent leur influence aux zones rurales.
Le représentant spécial des Nations unies en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a évoqué l’adaptation des tactiques des gangs, qui recourent aux prises d’otages, aux intimidations et aux représailles contre les civils. Le rapport fait également état de 689 femmes et filles victimes de viols en juillet et août, dont 87 % de viols collectifs.
Au 12 octobre, la Force de répression des gangs comptait 1 563 membres en uniforme, loin des 5 550 autorisés. Dimanche, une attaque contre un véhicule blindé à Croix-des-Bouquets a laissé quatre militaires salvadoriens portés disparus.
L’insécurité compromet aussi le processus électoral. Les élections présidentielle et législatives, initialement prévues le 13 décembre, ont été reportées à une date ultérieure. Parallèlement, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences, dont plus de 740 000 enfants.
Face à cette crise, l’ONU estime que les opérations sécuritaires doivent s’accompagner du rétablissement de l’autorité de l’État, du renforcement des institutions et de mesures de réinsertion pour favoriser une stabilisation durable.
Pour Carlos Ruiz Massieu, la reconquête des territoires contrôlés par les gangs ne saurait, à elle seule, garantir une stabilisation durable du pays. « L’expérience a montré que les seules opérations de sécurité ne peuvent apporter une stabilisation durable », a-t-il averti.
Le représentant de l’ONU plaide pour le rétablissement effectif et pérenne de la présence de l’État dans les zones affectées. Il insiste également sur la nécessité de mettre en œuvre des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, notamment en faveur des enfants recrutés par les groupes armés.
L’enjeu dépasse ainsi la seule neutralisation des gangs. Il s’agit également de reconstruire les institutions, de restaurer les services publics et de proposer des perspectives aux communautés touchées par les violences.
Lors de cette réunion, à laquelle sont également intervenus Jack Christofides, représentant spécial de la Force de répression des gangs, et Daniela Kroslak, cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (BANUH), les discussions ont ainsi porté sur l’interdépendance des crises sécuritaire, politique et humanitaire.
Les intervenants ont aussi dénoncé l’attaque dimanche contre un véhicule de la FRG (Force de répression des gangs) à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. 4 soldats qui se trouvaient à bord sont, depuis portés disparus.
DO/HPN












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