top of page

Haïti-Politique : Quand le tandem Saint-Cyr–Fils-Aimé renverse le paradigme politique



Alors que les vieilles figures de la politique s’attendaient à conserver le pouvoir au-delà du 7 février, convaincues de pouvoir manœuvrer, voire manipuler, le Premier ministre Didier Fils-Aimé et provoquer la chute de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT), le temps a fini par leur donner tort. Ce qui devait être une transition sous contrôle s’est mué en un basculement stratégique. Sous-estimés, parfois même relégués au rang de figurants dans la gestion de la chose publique, Saint-Cyr et Fils-Aimé ont progressivement renversé le paradigme.


Dans les coulisses du pouvoir, les « viejos » misaient sur l’usure, les intrigues et les pressions internes pour reprendre la main. Leur calcul reposait sur une certitude : la fragilité supposée du tandem exécutif. Mais cette lecture s’est révélée obsolète. La conjoncture nationale, combinée à un environnement international de plus en plus vigilant, a profondément modifié les rapports de force.

L’irruption des sanctions américaines a constitué un tournant majeur. En visant des acteurs politiques et économiques soupçonnés de corruption, de collusion avec des groupes armés ou d’atteintes graves à la gouvernance démocratique, Washington a envoyé un signal sans ambiguïté. Les réseaux traditionnels, longtemps habitués à l’impunité et aux arrangements de couloir, se sont retrouvés fragilisés, exposés, parfois paralysés. La peur du gel des avoirs, des restrictions de visas et de l’isolement diplomatique a brutalement réduit la marge de manœuvre de ceux qui pensaient encore tirer les ficelles.


C’est dans ce contexte que le tandem Saint-Cyr–Fils-Aimé a opéré un repositionnement décisif. Refusant de servir de paravent ou d’instrument à des agendas inavoués, les deux hommes ont choisi de s’inscrire dans une logique de responsabilité institutionnelle. Loin des coups d’éclat, ils ont misé sur le temps, la légalité et la consolidation progressive de leur autorité, tout en intégrant les signaux forts émis par la communauté internationale.


Ce renversement n’est ni spectaculaire ni improvisé. Il est le résultat d’un patient travail d’endurance politique. Là où leurs adversaires misaient sur la manipulation et la reconduction déguisée de l’ancien système, Saint-Cyr et Fils-Aimé ont laissé leurs opposants s’exposer eux-mêmes, dans un contexte désormais hostile aux pratiques du passé. Ceux qui espéraient prolonger indéfiniment la transition se retrouvent aujourd’hui marginalisés, parfois rattrapés par la menace bien réelle de sanctions internationales.



La séquence actuelle révèle une vérité dérangeante pour l’establishment : le vieux logiciel du pouvoir ne fonctionne plus comme avant. Entre la pression populaire, l’attention accrue des partenaires étrangers et l’épée de Damoclès des sanctions américaines, ceux qui croyaient gagner par la manœuvre ont perdu, tandis que ceux que l’on disait faibles ont transformé leur position en avantage stratégique.


La politique haïtienne entre ainsi dans une nouvelle phase. À l’ombre des sanctions, le temps ne protège plus les Conseillers-présidentiels. Il expose. Et parfois, il tranche.


La Rédaction

 
 
 

Commentaires


ONA.jpg
brh_ad.jpg
votre_publicite.jpg
kredi-ener.jpg
hpn_full_logo.png
bottom of page