Violence, silence et urgence : l’OIDG met le gouvernement face à ses responsabilités
- il y a 5 jours
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Le constat est brutal, presque accablant. Haïti continue de s’enfoncer dans une crise sécuritaire sans précédent, tandis que les voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction des autorités. Dans une note de conjoncture publiée ce lundi, l’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG) tire la sonnette d’alarme et pointe du doigt un pouvoir exécutif jugé trop silencieux face à la souffrance de la population.
Au cœur de cette nouvelle alerte : le département de l’Artibonite, devenu l’un des épicentres de la violence armée. La semaine dernière, des attaques attribuées au gang « Gran Grif » ont semé la terreur, laissant derrière elles des dizaines de morts, des blessés et des centaines de maisons réduites en cendres. Une tragédie de plus dans une spirale qui semble ne plus connaître de limites.
Mais au-delà des faits, c’est l’absence de réaction officielle qui inquiète l’OIDG.L’organisation dénonce un silence qu’elle juge lourd de conséquences, dans un moment où l’État est attendu sur le terrain de la protection des citoyens.
Dans ce paysage sombre, quelques signaux, encore fragiles, apparaissent. L’arrivée, le 1er avril, du représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), ainsi que le déploiement initial de 50 éléments tchadiens, préfigurent une montée en puissance de cette force internationale appelée à jouer un rôle clé dans la lutte contre l’insécurité. À terme, 750 soldats tchadiens devraient rejoindre cette mission appuyée par les Nations Unies.
Pour autant, l’OIDG reste prudente et recentre le débat sur les responsabilités nationales. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui gouverne actuellement sans l’encadrement du Conseil présidentiel de transition, est directement interpellé.
L’organisation rappelle que cette concentration du pouvoir ne saurait exonérer l’exécutif de ses obligations fondamentales : protéger, stabiliser, organiser.
L’urgence est donc double : sécuritaire et politique. Sécuritaire, parce que les groupes armés continuent d’étendre leur emprise. Politique, parce que la transition s’éternise, alimentant incertitudes et frustrations. L’OIDG appelle ainsi à la création rapide des conditions nécessaires à la tenue d’élections générales, afin de redonner au pays une légitimité institutionnelle aujourd’hui fragilisée.
YPL-HPN












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