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Haïti-Protection de l’Enfance : Pour ses 25 ans, la Fondation Zanmi Timoun alerte sur la situation des enfants migrants

  • 27 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 févr.


Alors qu’elle célèbre un quart de siècle d’engagement ininterrompu aux côtés des plus vulnérables, la Fondation Zanmi Timoun (FZT) publie un rapport bilan pour l’année 2025. Loin d’être une simple commémoration, cette publication est un cri d’alarme. L’organisation dresse un constat sévère de l’érosion des droits de l’enfant en Haïti, exaspérée par l’insécurité et les crises multiformes, et met en lumière une crise migratoire silencieuse mais dévastatrice à la frontière dominicaine.


Fondée le 13 février 2001 par un groupe de jeunes engagés de Port-au-Prince, Belladère, Savanette et Lascahobas, la Fondation Zanmi Timoun s’est donnée pour mission d’accompagner les enfants démunis. Vingt-cinq ans plus tard, la demande est plus pressante que jamais.


Des chiffres qui témoignent

Selon le rapport, l’année 2025 a été marquée par un afflux massif d’enfants non accompagnés en provenance de la République Dominicaine. Les chiffres publiés par la FZT révèlent que 1 543 enfants ont été rapatriés puis hébergés dans le centre de transit de Belladère. Derrière ce nombre se cache une réalité poignante : 1 157 garçons et 386 filles, séparés de leurs familles, ont dû être enregistrés, protégés et réunifiés rapporte la FZT.


Ce flux continu a mis une pression énorme sur les infrastructures de la Fondation, dont la capacité d’accueil initiale est conçue pour 20 à 25 enfants par jour. « L’afflux soudain et continu d’enfants non accompagnés, due aux déportations massives, a largement dépassé nos capacités », explique Mme Guylande Mesadieu, Coordonnatrice de la Fondation. Elle souligne que l’organisation fait face à un obstacle majeur : l’absence de documents d’identité, qui complique considérablement les démarches administratives et les processus de réunification familiale.


Parallèlement à cette crise migratoire, la Fondation a dû faire face aux conséquences de l’insécurité généralisée sur le territoire national. Sur les sites de déplacés internes de Port-au-Prince et de l’Artibonite, les équipes de la FZT sont intervenues auprès de 1 458 enfants déplacés internes, leur offrant un accompagnement psychosocial crucial.


Les résultats de ces interventions, bien que fragiles, montrent une lueur d’espoir : une diminution notable des signes d’anxiété, de retrait social et d’agressivité chez les enfants touchés. Les parents, dont 368 ont été sensibilisés à la protection de l’enfance, rapportent une amélioration des relations familiales. Dans un effort pour maintenir le droit à l’éducation, 92 enfants (dont 72 dans la capitale et 20 dans l’Artibonite) ont également bénéficié d’un soutien scolaire.


Les droits fondamentaux systématiquement piétinés

Pour la Coordonnatrice de la FZT, Guylande Mesadieu, l’année 2025 illustre l’ampleur du défi que représente la réalisation des droits de l’enfant en Haïti, tels que stipulés par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). La persistance de l’insécurité a entrainé la fermeture d’écoles, privant des milliers d’enfants de leur droit à l’apprentissage. Le système de santé est au bord de l’effondrement, rendant l’accès aux soins de base luxueux, tandis que le choléra et la malnutrition menacent les plus jeunes.


« Les droits fondamentaux comme le droit à la survie, au développement, à la protection, à l’identité et à la participation sont systématiquement érodés », alerte la Fondation dans ce rapport. L’effondrement des structures judiciaires laisse les enfants victimes de violences sans recours, et de nombreux enfants déplacés ont perdu leurs actes de naissance, les privant de leur droit à l’identité.


Malgré ces obstacles, Madame Mesadieu de la Fondation Zanmi Timoun, bien que profondément affectée par les troubles tels que la mobilité réduite, les activités de suivi entravées, réaffirme son engagement. En ce 25e anniversaire, la Coordonnatrice de l’organisation ne se contente pas de regarder le passé. Elle se projette vers l’avenir avec une détermination renouvelée.


« Les défis qui touchent les enfants aujourd’hui sont complexes: violence, déplacements forcés, pauvreté… Les 25 prochaines années devront être marquées par un renforcement de la protection de l’enfance », déclare Guylande Medadieu, appelant à une consolidation institutionnelle et à une diversification des partenariats.

« Aujourd’hui, je vous invite non seulement à célébrer le passé, mais à vous engager pour l’avenir. Car l’avenir de nos enfants dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui », conclut-elle en renouvelant l’engagement de la FZT à défendre les droits des enfants et à être présente là où le besoin est le plus urgent.


Eddy Trofort

Journaliste

HPN

 
 
 

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