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Haïti-Politique : La COPAH somme le CPT à éviter le pays de sombrer au point de non-retour


À l’approche du 7 février 2026, date charnière marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de Transition, la Conférence des Pasteurs Haïtiens (COPAH) sort de sa réserve. Dans une note lucide et sans complaisance, elle lance un appel pressant aux autorités haïtiennes, à la classe politique et à la conscience nationale tout entière. Le message est clair : Haïti est au bord de l’effondrement, et l’inaction serait une faute historique.


Le constat dressé par la COPAH est implacable. L’insécurité généralisée menace désormais l’existence même de l’État. Les chiffres avancés par les Nations unies donnent froid dans le dos : des milliers de morts et de blessés, une violence armée devenue systémique, des quartiers entiers sous le contrôle de gangs lourdement armés. Port-au-Prince fonctionne au ralenti, quand elle fonctionne encore. L’administration publique est paralysée, les écoles ferment, les hôpitaux peinent à survivre, et la peur s’est installée comme mode de vie.


À cette violence armée s’ajoute une autre tragédie, plus silencieuse mais tout aussi destructrice : l’explosion des violences sexuelles, notamment des viols collectifs utilisés comme arme de terreur. Femmes, adolescentes, enfants même, paient le prix fort dans un contexte d’impunité quasi totale, où les services judiciaires et sanitaires sont absents ou inaccessibles. Pour la COPAH, il s’agit là d’une atteinte grave à la dignité humaine et d’une faillite morale nationale.


Le tissu social, déjà fragilisé, se déchire davantage sous le poids des déplacements massifs de population. Plus d’un million de déplacés internes, un chiffre inédit dans l’histoire du pays. Ces familles vivent dans des conditions indignes, privées d’eau potable, de soins, de nourriture, exposées à toutes les formes de vulnérabilité. L’exode interne est devenu le symptôme visible d’un État qui ne protège plus.


Sur le plan humanitaire, la situation est tout aussi alarmante. Haïti traverse l’une des pires crises alimentaires de son histoire récente. Des millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dont près de deux millions au seuil de l’urgence absolue. Les enfants, une fois encore, figurent parmi les premières victimes, avec des conséquences irréversibles sur leur développement et l’avenir même du pays.


Face à cette accumulation de périls, la COPAH en appelle à la responsabilité immédiate des autorités en place. Elle rappelle que gouverner ne signifie pas s’accrocher au pouvoir, mais empêcher le chaos. Elle exhorte à un dialogue politique sincère, inclusif et national, à l’abstention de toute décision unilatérale engageant l’avenir au-delà du 7 février 2026, et à l’organisation d’un transfert de pouvoir responsable, transparent et pacifique, afin d’éviter un vide institutionnel aux effets catastrophiques.


La COPAH s’adresse également à la future autorité issue du dialogue national. Elle trace une feuille de route claire : rétablir la sécurité et l’autorité de l’État, protéger les populations vulnérables, répondre à l’urgence humanitaire, anticiper le retour des migrants, organiser des élections crédibles et restaurer la confiance des partenaires internationaux par une gouvernance responsable.


Mais au-delà des recommandations politiques, c’est un appel moral et spirituel que lancent les pasteurs haïtiens. Ils interpellent les consciences, rappellent que l’histoire observe et que chaque jour d’inaction rapproche Haïti du point de non-retour. À l’inverse, affirment-ils, des décisions courageuses prises à temps peuvent encore sauver des vies et ouvrir un avenir à une nation meurtrie.


Yves Paul LÉANDRE 


 
 
 

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