Haïti : la piqûre de rappel de Jean Henry Céant à l’ambassadeur du Canada qui ignore les protocoles diplomatiques
- etrof16
- il y a 2 jours
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L’ancien premier ministre Jean Henry Céant a fait une piqure de rappel à l’ambassadeur du Canada accrédité en Haïti, André François Giroux, qui semble avoir oublié les usages actuellement privilégiés dans les échanges et protocoles diplomatiques envers les anciens Chefs de gouvernement d’Haïti.
En effet, Jean Henry Céant déplore la forme aussi bien que le fond d’une correspondance qu’il avait envoyée au diplomate, uniquement en sa qualité de représentant du Canada en Haïti. Et cette correspondance, il devrait la faire parvenir à la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand.
Cependant, la rédaction de sa réponse en date du 2 décembre a laissé percevoir un changement ou même une atténuation des égards habituellement dus à son rang d’ancien premier ministre d’Haïti.
Il rappelle que la rigueur protocolaire et le respect des appellations contribuent à préserver la qualité des relations entre nos deux pays ainsi que la dignité des échanges entre leurs dignitaires, qu’ils soient en fonction ou anciens.
Me Céant affirme avoir également été surpris que l’ambassadeur Giroux ait choisi d’orienter la démarche selon une direction différente de celle clairement exprimée dans sa lettre qui ne lui était pourtant pas destinée personnellement.
L’ancien locataire de la Primature, qui soutient avoir été injustement sanctionné par le Canada, rappelle que depuis le mois de novembre 2022, il ne cesse d’exiger communication de son dossier et des preuves que le Canada devrait détenir à son encontre.
Aussi, il affirme avoir été très choqué que la première correspondance officielle du Canada se limite à le renvoyer vers les liens d’un site internet qui ne comporte aucune réponse à ma demande.
« Si j’avais souhaité écrire à la Direction générale des sanctions, je l’aurais fait directement », écrit Céant qui rappelle également que l’homme de loi qu’il est, notaire public pendant trente et un ans et avocat militant, consulte régulièrement le site d’Affaires mondiales Canada.
De plus, ajoute-t-il, Affaires mondiales Canada a elle-même relevé plusieurs lacunes dans les procédures du Bureau des sanctions, comme l’indique le rapport d’évaluation des opérations de sanctions menées par Affaires mondiales Canada, 2018-2024, publié en mars 2025. Cet élément, dit-il, confirme la légitimité de sa demande d’accès à son dossier.
« Par votre statut, si vous aviez choisi de ne pas vous soumettre aux normes diplomatiques, j'attendais que ma correspondance me soit retournée comme une fin de non-recevoir et si votre réponse relevait d’un modèle expéditif appliqué aux responsables politiques et économiques d’Haïti, elle confirmerait que la politique étrangère du Canada, semblerait s’éloigner des valeurs de l’État de droit et des principes de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
Voilà pourquoi, il affirme qu’en raison de la nature de la réponse de l’ambassadeur Giroux, il se voit obligé d’utiliser d’autres voies. Il annonce qu’il va transmettre sa lettre, ainsi que sa présente protestation, directement à Ottawa qui fera son appréciation.
DO/HPN















