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Haiti : Les agents de la PNH travaillent dans des conditions critiques, selon le RNDDH





Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dénonce, dans un rapport publié mercredi, les conditions de travail des agents de la PNH (Police nationale d’Haïti) qu’il juge « critiques ». Le rapport a été réalisé suite à une enquête menée du 6 au 27 mai dernier, précise l’organisation dirigée par Pierre Espérance.


Dans ce rapport, rendu public pour le 29e anniversaire de l’institution policière, créée le 12 juin 1995, l’organisation de droits humains, souligne que 92% des policiers interrogés affirment qu’ils ne sont pas satisfaits de leurs salaires.


Des salaires qui ne leur permettent pas de renouveler leur force de travail, ou de prendre soin de leurs proches. Près de la moitié des policiers interrogés, soit 44.5%, dénoncent des irrégularités de leurs salaires qui, soulignent-ils, ne sont pas versés de manière régulière.


Le rapport souligne également que 34% des policiers interrogés affirment n’avoir jamais reçu une augmentation de salaire depuis qu’ils sont dans la PNH. 41% affirment avoir été augmentés durant les 5 dernières années alors que, sur les 10 dernières années, seuls 14% des agents interrogés ont reçu une augmentation de salaire.


Pour ce qui est de la situation sanitaire, 80% des agents ont fait savoir que leur couverture de santé n’est pas efficace et, malgré des conditions de travail difficiles, 95.5% des agents interrogés ont fait savoir qu’ils n’ont aucun accès à une assistance psychologique.


90% des policiers ont aussi souligné qu’ils ne disposent pas de matériels et d’équipements adéquats et suffisants pour faire leur travail. Il s’agit, entre autres, de bottes, d’armes et de munitions, de boucliers, d’uniformes, de matraques et de grenades lacrymogènes, lit-on dans le document.


33% des policiers interrogés ont fait savoir qu’ils ont déjà été victimes, au moins une fois, d'un incident dans l’exercice de leur fonction. Il s’agit notamment de fusillades, d’attaques, de prises d’otages, d’agressions ou d’injures.


Ce ne sont pas moins de 303 policiers qui ont été assassinés dans le pays entre 2015 et 2023, selon le rapport du RNDDH qui précise que, de janvier à juin 2024, 20 policiers ont déjà été tués.


Et, dans le but d’améliorer les conditions de travail des policiers, qui aura une répercussion positive sur leur performance, les policiers interrogés recommandent aux autorités de prendre des mesures pour payer leurs salaires à temps, leur verser les indemnités dues et de leur permettre d’avoir des procédures accélérées lorsqu’ils sollicitent des prêts dans les institutions financières.


Il faut aussi que les dirigeants renflouent de manière régulière leurs cartes de débit, de leur offrir une assurance maladie efficace, de répartir de manière équitable les privilèges, de permettre à leurs proches de récupérer leurs salaires s’ils sont tués dans l’exercice de leur fonction.


La publication de ce rapport a coïncidé avec la célébration du 29e anniversaire de la PNH. Un évènement terni par la mort tragique de 3 agents de l’Unité Tactique Antigang (UTAG), le 9 juin dernier à Delmas 18.


Dans un message à l’occasion du 29e anniversaire de la PNH, le directeur général a.i Frantz Elbé, a indiqué que le 9 juin sera différent du 12 mars (2021), en référence aux cinq policiers tués dans les mêmes conditions à « Village de Dieu » et dont les cadavres n’ont jamais été récupérés alors que les commanditaires de ces meurtres, contrôlent encore cette zone considérée comme territoire perdu au même titre que les localités contrôlées par les gangs armés dont Delmas 18.


DO/HPN

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