Projet de décret électoral : l’OCNH dénonce un texte jugé injuste et discriminatoire
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À quelques mois d’échéances électorales cruciales, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) exprime de vives préoccupations face au projet de décret électoral adopté le 2 juin en Conseil des ministres. Dans une analyse détaillée datée du 4 juin 2026, l’organisation appelle les autorités à corriger en urgence plusieurs dispositions qu’elle estime problématiques.
Pour l’OCNH, organiser des élections reste une étape incontournable pour sortir de l’impasse politique actuelle. Mais encore faut-il que les règles du jeu soient justes, claires et accessibles à tous. Or, selon elle, le texte proposé risque plutôt d’exclure certains acteurs et de fragiliser davantage la confiance déjà faible de la population.
Parmi les points soulevés, la question de la participation des Directeurs généraux revient avec insistance. L’obligation de fournir une décharge administrative est perçue comme un obstacle majeur. Dans la pratique, cette exigence pourrait empêcher certains candidats de se présenter, non pas pour des raisons légales, mais à cause de lenteurs administratives.
L’OCNH y voit une rupture d’égalité entre les citoyens, contraire à l’esprit démocratique que devraient incarner ces élections.
Autre difficulté pointée : l’obtention du quitus fiscal. Actuellement, les démarches sont longues et parfois opaques. L’organisation propose une solution simple : un système rapide, transparent, capable de délivrer ce document en 48 heures.
Elle suggère aussi qu’en cas de retard de l’administration, les candidats puissent temporairement fournir une déclaration sur l’honneur accompagnée de preuves de paiement.
Au niveau des collectivités territoriales, certaines exigences font également débat. L’obligation d’avoir un diplôme d’études secondaires pour briguer des postes comme CASEC ou ASEC est jugée excessive.
Pour l’OCNH, cela exclut inutilement une partie de la population, notamment en milieu rural, alors que la Constitution se limite à exiger de savoir lire et écrire.
Dans un pays marqué par une crise humanitaire et sécuritaire, l’organisation estime que les critères imposés aux partis politiques manquent de réalisme. Elle recommande d’assouplir les conditions d’enregistrement et d’autoriser des méthodes d’adhésion plus flexibles, y compris en ligne.
L’OCNH attire aussi l’attention sur le fonctionnement des structures électorales locales. Elle plaide pour des garanties claires contre les révocations arbitraires des membres des bureaux électoraux, afin de préserver leur indépendance.
Face à ces constats, l’organisation appelle les autorités de transition à revoir leur copie. Elle insiste sur l’importance d’un décret électoral qui inspire confiance, dans un contexte où la crédibilité des institutions est déjà fortement fragilisée.
Car au-delà des aspects techniques, c’est bien la participation citoyenne qui est en jeu. Un cadre électoral trop contraignant ou perçu comme injuste pourrait décourager les électeurs et accentuer la crise de légitimité.
Pour l’OCNH, sans ajustements, ce décret risque de compromettre les prochaines élections. À l’inverse, un texte plus inclusif et mieux adapté aux réalités du pays pourrait contribuer à relancer le processus démocratique.
Dans une période aussi sensible, chaque décision compte. Et pour beaucoup, la priorité reste la même de rétablir la confiance entre les citoyens et leurs institutions.
Mederson Alcindor
Haiti Press Network (HPN)












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