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ONU : Les sanctions contre les gangs en Haïti au cœur d’une réunion du Conseil de sécurité

il y a 1 heure
3 min de lecture

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit consacrer, lundi 19 octobre, une séance publique à la situation en Haïti. Les débats devraient porter sur la détérioration du climat sécuritaire, les difficultés liées aux préparatifs électoraux et les limites constatées dans l’application des sanctions internationales contre les gangs armés et les personnes soupçonnées de les soutenir.


Le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, est attendu à cette rencontre. Il présentera aux membres du Conseil les derniers développements dans le pays ainsi que le rapport du secrétaire général de l’ONU sur les activités du BINUH, couvrant la période du 15 juillet au 12 octobre 2026.


Cette réunion intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées et les difficultés des autorités à rétablir durablement la sécurité. Les discussions devraient également aborder les moyens de renforcer les capacités des forces de sécurité haïtiennes et de soutenir les opérations de la Force de répression des gangs.


La crise humanitaire figure aussi parmi les préoccupations majeures. Selon les données disponibles au 16 octobre, le plan de réponse humanitaire des Nations unies pour 2026, dont le financement recherché s’élève à 880,3 millions de dollars, n’avait reçu que 49,1 % des ressources nécessaires.


Le Conseil de sécurité a renouvelé, le 14 octobre dernier, le régime de sanctions visant les individus et les organisations impliqués dans des activités menaçant la paix, la sécurité et la stabilité d’Haïti.


Mis en place en octobre 2022, ce mécanisme prévoit notamment le gel des avoirs et l’interdiction de voyager pour les personnes inscrites sur la liste des sanctions. L’embargo sur les armes, initialement limité, a ensuite été étendu à l’ensemble du territoire haïtien. Malgré ces dispositions, les groupes armés continuent de se procurer des armes et des munitions par l’intermédiaire de circuits illégaux.


La liste onusienne compte actuellement neuf personnes et deux entités. Parmi les personnes sanctionnées figure Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », présenté comme l’un des principaux chefs de gangs du pays. Son inscription remonte au 21 octobre 2022, en raison notamment de son implication présumée dans plusieurs attaques armées, dont celles perpétrées à La Saline en novembre 2018. Le blocage du terminal pétrolier de Varreux en 2022 figure également parmi les faits retenus contre lui.


D’autres chefs de groupes armés ont été sanctionnés en décembre 2023. Il s’agit de Johnson André, connu sous le nom d’« Izo », chef du gang 5 Segond, de Renel Destina, alias « Ti Lapli », dirigeant de Grand Ravine, de Wilson Joseph, surnommé « Lanmò San Jou », associé à 400 Mawozo, et de Vitelhomme Innocent, chef de Kraze Barye.


Les notices du Comité des sanctions leur attribuent diverses activités criminelles, notamment des enlèvements, des violences sexuelles, des attaques contre des civils et des institutions publiques, ainsi que des actes compromettant l’acheminement de l’aide humanitaire. Le recrutement d’enfants et les déplacements forcés de populations figurent également parmi les violations signalées.


En septembre 2024, les mesures ont été étendues à Prophane Victor, ancien député de Petite-Rivière de l’Artibonite, et à Luckson Elan, présenté comme le chef du gang Gran Grif. Le premier est notamment accusé d’avoir apporté un soutien à des groupes armés, tandis que le second est visé pour les exactions attribuées à son organisation dans le département de l’Artibonite.


Dimitri Hérard, ancien responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national, et Kempes Sanon, chef du gang Les Argentins, également associé au secteur de Bel-Air, ont été ajoutés à la liste en octobre 2025. Les accusations mentionnées dans leurs dossiers concernent notamment des liens avec des réseaux criminels, le trafic d’armes et le soutien à des activités armées.


La séance de lundi devrait ainsi permettre aux membres du Conseil de sécurité d’examiner les obstacles qui entravent l’efficacité du dispositif international contre les gangs en Haïti. Alors que les autorités haïtiennes poursuivent leurs préparatifs électoraux, la capacité à réduire les violences, à couper les sources de financement des groupes armés et à contrôler la circulation des armes demeure un enjeu majeur pour le retour à la stabilité.



YPL-HPN

 
 
 

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