Haïti-Propriété Intellectuelle : un engagement renforcé du BHDA pour la valorisation de la création et la structuration de l’industrie créative haïtienne
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Par Blenda MALANDE
Du 20 au 28 avril 2026, le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA) a organisé, avec l’appui du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère du Commerce et de l’Industrie, de la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage d’Haïti (CCAH), de la Direction Nationale du Livre ainsi que de plusieurs partenaires institutionnels et universitaires dont l’Université Quiskeya (UniQ), une importante série d’activités dans le cadre de la Semaine de la Propriété Intellectuelle 2026.
Placée sous le thème : « Sensibilisation, formation et structuration de l’industrie créative en Haïti », cette semaine de réflexion, de formation et de mobilisation citoyenne s’inscrivait dans une volonté claire de promouvoir une meilleure compréhension des enjeux liés à la propriété intellectuelle et de renforcer la place des créateurs dans le processus de développement culturel et économique national. Durant huit jours, conférences, causeries-débats, projections, expositions, consultations juridiques, webinaire et procès simulé se sont succédé autour d’une même ambition : rapprocher le droit d’auteur des citoyens, encourager la création et favoriser l’émergence d’un environnement plus structuré pour les industries culturelles et créatives haïtiennes.
Les activités ont officiellement débuté le 20 avril 2026 au siège du BHDA avec une conférence de presse assurée par le Directeur général, ouvrant ainsi une semaine entièrement consacrée à la promotion de la propriété intellectuelle en Haïti. Cette cérémonie inaugurale a permis de rappeler le rôle stratégique du droit d’auteur dans la protection des œuvres de l’esprit, mais également son importance dans la construction d’une économie créative capable de générer des opportunités pour les artistes, écrivains, musiciens, cinéastes et autres acteurs culturels du pays.
La journée s’est poursuivie avec une conférence-débat autour du thème : « Droit d’auteur et TIC », au cours de laquelle les intervenants ont analysé les mutations profondes provoquées par les technologies numériques dans les modes de création, de diffusion et de consommation des œuvres culturelles. Les échanges ont particulièrement mis l’accent sur les défis liés à la circulation des contenus sur internet, à la protection des œuvres dans l’environnement numérique, ainsi qu’à la nécessité d’adapter les mécanismes juridiques et institutionnels aux réalités contemporaines. Le 21 avril, la Semaine de la Propriété Intellectuelle s’est poursuivie à Université Quisqueya avec une causerie-débat consacrée à l’usage numérique des créations artistiques et à la monétisation de la musique en ligne. Cette activité a constitué un moment important d’échanges entre étudiants, universitaires et spécialistes du droit d’auteur autour des nouvelles pratiques culturelles liées aux plateformes numériques. Les discussions ont permis d’aborder les enjeux économiques de la diffusion musicale sur internet, la protection des artistes face au piratage, ainsi que les opportunités offertes par les outils numériques pour la visibilité des créateurs haïtiens.
En choisissant d’investir les espaces universitaires, le BHDA a démontré sa volonté d’intégrer les jeunes dans les débats liés à la propriété intellectuelle et de développer une véritable culture du respect des droits des créateurs au sein de la nouvelle génération. Le 22 avril, le BHDA a organisé une journée de projection et d’exposition thématique autour du droit d’auteur. Cette initiative culturelle et éducative a permis de sensibiliser un public composé d’élèves à travers des supports audiovisuels et des contenus pédagogiques mettant en lumière les réalités auxquelles sont confrontés les créateurs. La projection du documentaire suivie des échanges avec les participants a contribué à rendre plus accessibles des notions parfois perçues comme complexes.
Cette approche de vulgarisation a favorisé une meilleure compréhension des mécanismes de protection des œuvres et du rôle joué par le BHDA dans l’accompagnement des auteurs et artistes haïtiens. L’exposition thématique a également permis de valoriser les productions intellectuelles nationales tout en soulignant l’importance de la reconnaissance juridique et économique des œuvres culturelles. À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur célébrée le 23 avril, plusieurs activités ont été organisées autour de la promotion de la lecture et de la littérature. En ce jour si spécial, le BHDA a notamment participé à une foire du livre en collaboration avec la Direction Nationale du Livre, offrant au public un espace d’échanges autour des œuvres littéraires et de la protection des créations intellectuelles.
Des consultations gratuites sur le droit d’auteur littéraire ont également été proposées afin d’informer les écrivains, éditeurs et jeunes auteurs sur leurs droits, les procédures de protection de leurs œuvres et les mécanismes existants pour défendre leurs intérêts. Cette journée a permis de rappeler que le livre demeure un outil essentiel de transmission du savoir, de construction de la mémoire collective et de développement culturel. Le 24 avril, le Salon de la Propriété Intellectuelle organisé en partenariat avec le Ministère du Commerce et de l’Industrie a constitué l’un des temps forts de cette édition 2026. Autour du thème : « Propriété intellectuelle et sport en Haïti : ensemble, partons vers l’innovation », cette célébration a été l’occasion de réunir créateurs, entrepreneurs, commerçants et acteurs de l’industrie culturelle afin de réfléchir au rôle stratégique de la propriété intellectuelle dans la croissance économique. Les discussions ont mis en évidence le potentiel des industries culturelles et créatives comme levier de développement durable, de création d’emplois et de valorisation du patrimoine immatériel haïtien. Cette activité a également permis de souligner l’importance de la formalisation des activités culturelles, de la protection des investissements créatifs et du renforcement des mécanismes de gouvernance culturelle. Dans le cadre de cette dynamique de sensibilisation élargie, un webinaire consacré aux problématiques du droit d’auteur a été organisé le 27 avril en collaboration avec la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage d’Haïti (CCAH).
Cette session interactive en ligne a permis de réunir divers experts et participants autour des défis contemporains de la propriété intellectuelle, notamment la protection des contenus numériques, la gestion collective des droits et les mécanismes alternatifs de résolution des conflits. Le recours au format numérique a permis d’élargir l’audience des discussions et de renforcer l’accessibilité des contenus de formation et de sensibilisation. La Semaine de la Propriété Intellectuelle s’est achevée le 28 avril 2026 avec une cérémonie officielle de clôture marquée par l’organisation d’un procès simulé portant sur le droit d’auteur et l’arbitrage. Cette activité pédagogique, réalisée avec l’appui de spécialistes du domaine juridique avec notamment le savoir du Cabinet Laurent, a permis de présenter de manière concrète les mécanismes de règlement des litiges dans les secteurs musical et littéraire.
À travers cette simulation, les participants ont pu mieux comprendre les procédures d’arbitrage, les enjeux liés à la protection des droits des créateurs ainsi que l’importance des modes alternatifs de résolution des conflits dans l’industrie culturelle. Cette clôture a également constitué un moment de bilan et de projection, mettant en avant la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation et de structuration de l’écosystème créatif haïtien. À travers cette programmation riche et multidisciplinaire, le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA) a confirmé son rôle central dans la promotion de la propriété intellectuelle en Haïti.
Cette édition 2026 de la Semaine de la Propriété Intellectuelle aura permis non seulement de sensibiliser un large public aux enjeux du droit d’auteur, mais aussi de créer des espaces de dialogue entre institutions, universitaires, juristes, créateurs et entrepreneurs culturels. Elle aura surtout rappelé que la protection des œuvres de l’esprit constitue un enjeu fondamental pour le développement culturel, économique et social du pays. En renforçant les initiatives de formation, de vulgarisation juridique et de coopération institutionnelle, le BHDA poursuit ainsi son engagement en faveur d’une industrie créative haïtienne plus structurée, plus dynamique et davantage capable de valoriser les talents nationaux sur les scènes locale et internationale.
Blenda Malande












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