Haïti–Politique : Washington met en cause les mauvaises pratiques de certaines élites politiques
- etrof16
- il y a 9 heures
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Dans un message publié le jeudi 22 janvier 2026, le Département d’État américain estime que l’instabilité persistante en Haïti ne découle ni de la culture du pays ni de son cadre constitutionnel, mais plutôt de pratiques politiques marquées par la corruption et des alliances avec des groupes armés.
Selon cette communication, certains acteurs politiques haïtiens seraient impliqués dans l’utilisation de gangs et d’autres groupes armés pour alimenter l’insécurité, avant de se positionner comme interlocuteurs incontournables dans les négociations politiques visant à réduire la violence. Washington souligne que cette dynamique contribue à fragiliser durablement les institutions et la confiance publique.
Le Département d’État affirme par ailleurs que la stabilité ne pourra être durable que si les dirigeants politiques tirent leur légitimité du processus électoral et du soutien populaire, plutôt que de rapports de force fondés sur la violence.
Dans ce contexte, le Bureau évoque l’implication présumée de certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) dans des pratiques assimilables à des activités criminelles, en lien avec des groupes armés.
Cette prise de position, formulée dans un langage inhabituellement direct, reflète une certaine exaspération de la communauté internationale face à la persistance de la crise haïtienne.
Pour plusieurs observateurs, elle rejoint des analyses déjà largement documentées sur l’imbrication entre sphère politique et violence armée, ainsi que sur l’affaiblissement progressif de la légitimité démocratique.
Toutefois, ces déclarations ont suscité des réactions contrastées dans l'opinion publique. Des responsables politiques et des acteurs de la société civile estiment que ce message tend à minimiser les facteurs externes ayant contribué à la déstabilisation du pays. Ils rappellent notamment que les États-Unis ont, par le passé, soutenu ou toléré des arrangements politiques précaires, privilégiant parfois la stabilité immédiate au détriment d’un renforcement durable des institutions.
Ces voix critiques soulignent également que l’appel à une légitimité fondée sur le vote pose un défi majeur dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, où l’organisation d’élections crédibles demeure complexe.
Le message américain met en lumière une tension persistante entre la nécessité de réformes profondes en Haïti et le rôle des partenaires internationaux, dont l’implication, bien que motivée par des préoccupations de stabilité, continue de susciter débats et interrogations sur la frontière entre accompagnement et ingérence.
Judelor Louis Charles



















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