Haïti : Cinq conseillers votent la révocation du PM Fils-Aimé, Washington et le RNDDH s’y opposent fermement
- etrof16
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La crise politique haïtienne a connu une escalade dramatique dans la nuit de mercredi 21 janvier. Une majorité du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) aurait adopté une résolution visant à démettre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, plongeant le processus de transition dans une tourmente inédite et confrontée à de fortes oppositions internes et internationales.
Selon des sources concordantes, cinq des neuf membres du CPT, Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire, Fritz Jean et Edgard Leblanc Fils ont signé le document actant le renvoi du chef du gouvernement. Cette initiative serait motivée par la nécessité de dégager un nouveau consensus national avec la société civile et les partis politiques, à l’approche de l’échéance cruciale du 7 février 2026 marquant la fin théorique du mandat du Conseil.
Cette manœuvre politique se heurte immédiatement à une opposition frontale de la communauté internationale, menée par Washington. L'Ambassade des États-Unis en Haïti a publié une mise en garde sans équivoque sur les réseaux sociaux, estimant que « toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le CPT... à ce stade avancé de son mandat » serait considérée comme « une manœuvre visant à saper » la sécurité et la stabilité du pays.
Le communiqué américain va plus loin, qualifiant une telle initiative de « déstabilisatrice, favorable aux gangs », et promet de prendre « les mesures qui s’imposent » contre ses soutiens. Cette position place les conseillers signataires sous une pression diplomatique extrême.
Sur le plan national, la réaction est tout aussi véhémente. Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), estime que le CPT « signerait sa fin » en adoptant cette résolution. Il lance un appel direct aux institutions de l'État pour contrecarrer la décision.
M. Espérance demande ainsi au Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) de ne pas lui donner suite, et enjoint « aux forces de l'Ordre de prendre le contrôle de la Villa d'Accueil », le siège de la Primature. Il somme également le directeur général de la PNH, Laurent Saint-Cyr, de s’opposer à la résolution.
Cette séquence place Haïti dans une impasse explosive avec la une majorité du CPT qui semble vouloir évincer le Premier ministre, la principale puissance étrangère impliquée y voit un coup de force illégitime et menace de sanctions sans oublier une influence accrue de la société civile appelant les forces de sécurité à désobéir au Conseil et à protéger les institutions en place.
Le pays se retrouve donc au bord d'une rupture institutionnelle totale, tiraillé entre des autorités de transition divisées, une pression internationale déterminée et une société civile en alerte, le tout dans un contexte de violence gangréneuse et d'urgence humanitaire.
Godson Lubrun



















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