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Dossier de l’Église épiscopale : l’OCNH appelle la justice à agir sans ingérence après le rapport du juge Massillon

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture



L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) salue le rapport de supplément d’information rendu le 16 février 2026 par le juge Noé Pierre Louis Massillon, dans le cadre du dossier de trafic d’armes impliquant l’Église épiscopale d'Haïti. L’organisation de défense des droits humains estime que ce document marque une étape déterminante dans la recherche de vérité et appelle les autorités à engager des poursuites sans délai.



Désigné par la Cour d’appel de Port-au-Prince, le magistrat a produit un rapport portant sur l’importation illégale d’armes à feu et de munitions en juillet 2022, sous couvert de franchise douanière accordée à l’institution religieuse. L’affaire, considérée comme l’un des dossiers de criminalité transnationale les plus sensibles de ces dernières années, a conduit au gel de plus de 2,3 millions de dollars américains et de plus de 142 millions de gourdes.


Dans sa note de presse daté du 3 mars 2026, l’OCNH souligne la complexité du réseau mis en lumière par l’enquête. Le rapport évoque l’implication présumée de cadres liés à des institutions religieuses, de courtiers et de complices à l’étranger. L’organisation salue le travail technique des juges ayant pris part à la procédure et estime que l’analyse des responsabilités pénales ouvre la voie à d’éventuelles mises en accusation devant les juridictions compétentes.


Pour l’OCNH, l’utilisation de franchises douanières à des fins criminelles constitue une dérive grave. Elle considère que le détournement de privilèges accordés à des organisations religieuses ou humanitaires pour faciliter des activités telles que le trafic d’armes ou la contrebande représente une menace directe pour la sécurité publique et un facteur aggravant de l’insécurité.


Face à la gravité des faits, l’organisation formule plusieurs recommandations. Elle appelle le ministère de la Justice et les autorités de poursuite pénale à engager l’action publique avec diligence et indépendance, sans interférence politique ou diplomatique. Selon elle, ce dossier doit servir d’exemple en matière d’égalité devant la loi, indépendamment du statut social, économique ou religieux des personnes impliquées.


L’OCNH invite également la Cour d’appel à s’appuyer sur les conclusions du juge d’instruction pour décider, le cas échéant, du renvoi des inculpés devant la juridiction criminelle compétente. Elle recommande par ailleurs à l’Administration générale des douanes et au ministère de l’Économie et des Finances de revoir les mécanismes d’octroi et de contrôle des franchises douanières, en renforçant les dispositifs de traçabilité et les sanctions en cas d’abus.


L’organisation exhorte en outre l’Église épiscopale d'Haïti à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et à engager des réformes internes visant à renforcer la transparence et la redevabilité. Elle estime que cette démarche est essentielle pour préserver la crédibilité morale de l’institution.


Enfin, l’OCNH appelle la société civile, les médias et les citoyens à maintenir la vigilance autour de ce dossier et à soutenir les magistrats engagés dans la lutte contre la criminalité organisée.


Pour son directeur exécutif, Me Camille Occius, la gestion de cette affaire constituera un test majeur pour le système judiciaire haïtien. L’organisation réaffirme que la lutte contre l’impunité demeure une condition essentielle au rétablissement de la confiance publique et à la stabilité démocratique du pays.



Mederson Alcindor

Haiti Press Network (HPN)

 
 
 

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