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Carnaval 2026 : le cri d’alarme des bandes à pied du Grand Sud

  • 17 févr.
  • 2 min de lecture


À l’occasion du Carnaval 2026, les bandes à pied du Grand Sud ont une nouvelle fois fait vibrer les rues au rythme des tambours, des vaksin, des masques et des chorégraphies héritées des traditions populaires. Mais derrière l’énergie et la créativité déployées, un profond malaise s’exprime : celui d’un secteur culturel qui se dit abandonné par l’État central.



Depuis plusieurs années, responsables de bandes, musiciens et artisans dénoncent une mise à l’écart progressive des formations traditionnelles au profit des chars sonores et des groupes à forte amplification. Selon eux, les rares financements disponibles sont orientés vers des structures plus commerciales, laissant les bandes à pied lutter seules pour leur survie.


Dans le Grand Sud, notamment à et aux , les témoignages traduisent une inquiétude grandissante. « Chaque année, nous devons nous débrouiller seuls. Les jeunes se découragent, parce qu’ils ne voient aucun accompagnement.Si rien ne change, nos bandes vont disparaître », alerte un responsable culturel à Jérémie.



Aux Cayes, un maître tambour évoque la précarité dans laquelle évoluent les groupes : « Nous répétons pendant des semaines, nous fabriquons nos instruments à la main, nous cousons nos costumes avec les moyens du bord. Pourtant, nous sommes l’âme du carnaval. Pourquoi sommes-nous toujours les derniers considérés ? », témoigne-t-il.


Achat de tissus, confection de masques, réparation d’instruments, organisation logistique : tout repose sur des collectes internes, la solidarité communautaire et parfois de modestes contributions de sympathisants. Pour beaucoup, cette situation n’est plus soutenable.


Des observateurs culturels estiment que cette marginalisation fragilise un pan essentiel du patrimoine immatériel haïtien. Les bandes à pied ne sont pas de simples animations carnavalesques ; elles incarnent une mémoire collective, une tradition de satire sociale, de transmission intergénérationnelle et de valorisation des rythmes racines.


Si les chars sonores dominent l’espace médiatique et attirent sponsors et projecteurs, les bandes à pied rappellent que le carnaval haïtien s’est construit d’abord dans la rue, au contact direct du peuple. Leur mobilisation en 2026 prend ainsi des allures de cri d’alarme : un appel à la reconnaissance, au respect et à une politique culturelle plus équilibrée.


Malgré tout, les groupes promettent de continuer à défiler. Pour certains acteurs du Grand Sud, il y a urgence à agir afin d’éviter que ces trésors vivants ne s’éteignent, emportant avec eux une part précieuse de l’identité culturelle nationale.


Judelor Louis Charles

 
 
 

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