Élections en Haïti : le COSPEL relève des préoccupations persistantes autour de la sécurité et de la crédibilité du processus

Le Cabinet de Conseils et de Services en Politique Publique et en Administration Électorale (COSPEL), dans son rapport de veille sur la conjoncture politique haïtienne publié ce jeudi 1er octobre, fait état de plusieurs préoccupations concernant les conditions dans lesquelles se prépare le processus électoral.
Selon le baromètre électoral du COSPEL, l’indicateur global demeure à 19 sur 100, un niveau que le cabinet maintient par rapport à son évaluation du 30 septembre. Le rapport retient trois éléments essentiels : le contrôle du territoire, la crédibilité du processus électoral et la participation des citoyens.
Sur le plan sécuritaire, le COSPEL souligne que la résolution 2829 (2026) proroge jusqu’au 31 mars 2027 le mandat de la Force, mais ne lui attribue pas de tâche électorale spécifique. Le rapport relève également que cinq axes routiers suivis demeurent non sécurisés à quelques jours de l’ouverture annoncée de la campagne.
Le cabinet fait, par ailleurs, état de préoccupations exprimées par l’OPL, RASANBLE, KAPAB et Gras pou Ayiti, qui réclament la neutralité du gouvernement et de l’administration publique dans le processus électoral. Ces organisations demandent notamment des garanties concernant l’exercice du droit de vote, l’égalité de traitement des compétiteurs et l’indépendance de l’institution électorale.
Dans le même temps, le Conseil électoral provisoire (CEP) a invité les partis et groupements politiques à une rencontre prévue le 2 octobre, à l’Hôtel Montana, afin de présenter un document portant sur des modifications du cadre légal. Le CEP indique avoir travaillé avec le Gouvernement sur ce document à la suite des préoccupations exprimées par les acteurs politiques.
Concernant les candidatures, le tableau de bord du CEP recensait, au 30 septembre, 1 838 dossiers préliminaires, dont 11 candidatures à la présidence, 222 au Sénat, 653 à la députation et des dossiers pour les collectivités territoriales. Le COSPEL précise que ces données demeurent préliminaires et que la liste officielle doit intervenir après vérification des dossiers.
Le rapport relève également 717 122 électeurs inscrits au 30 septembre, soit 9,8 % des citoyens en âge de voter selon la référence utilisée par le cabinet. L’Ouest arrive en tête des inscriptions avec 117 033 personnes, devant le Sud avec 108 855 et la Grande-Anse avec 87 125.
Le COSPEL attire enfin l’attention sur une différence constatée entre certains outils statistiques du Conseil électoral concernant les centres d’inscription et les centres de vote. Selon le rapport, le tableau de bord fait état de 1 437 centres d’inscription, tandis qu’un autre fichier en recense 1 412, après prise en compte de quatre doublons. Le cabinet estime que cette anomalie devrait être clarifiée.
Pour le COSPEL, la crédibilité du processus électoral reste ainsi liée à plusieurs conditions : l’amélioration de la sécurité, la stabilité du cadre légal, la capacité institutionnelle du CEP et la possibilité pour les citoyens d’exercer effectivement leur droit de vote. Le cabinet précise que ses évaluations et scénarios relèvent de sa propre analyse de la conjoncture et non d’une mesure officielle du processus électoral.
Yves Paul LÉANDRE












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