Visite d’António Guterres en Haïti : l’OCNH demande des mesures face à la crise
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L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a réagi à l’arrivée en Haïti du Secrétaire général des Nations unies, , ce mardi 16 juin 2026. Dans un message publié sur le réseau social X, l’organisme de défense des droits humains a pris acte de cette visite officielle tout en soulignant l’urgence de passer des déclarations aux actions concrètes.
Selon l’OCNH, la situation sécuritaire, humanitaire et institutionnelle du pays a atteint un niveau critique qui nécessite des réponses immédiates de la communauté internationale et des autorités de transition. L’organisation rappelle avoir adressé, le 9 juin dernier, une correspondance détaillée au Chef de l’ONU afin d’attirer son attention sur l’ampleur de la crise que traverse actuellement Haïti.
L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti a salué la décision d’António Guterres de visiter des camps de personnes déplacées internes dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Pour l’organisation, cette démarche constitue un signe important de solidarité envers une population durement frappée par la violence des groupes armés.
Dans son mémorandum, l’organisme souligne que la crise humanitaire connaît une aggravation sans précédent. Les données citées indiquent que près de 1,47 million de personnes sont aujourd’hui déplacées à travers le pays, soit environ 12 % de la population nationale. Dans la seule aire métropolitaine de Port-au-Prince, plus de 300 000 personnes vivent dans des sites de fortune souvent marqués par la promiscuité et le manque de services essentiels.
L’OCNH attire également l’attention sur la situation particulièrement préoccupante des femmes et des enfants. Les femmes et les filles représentent plus de la moitié des personnes déplacées, tandis que les enfants constituent la majorité de cette population vulnérable. Une proportion importante de mineurs vit sans la présence de leurs parents, ce qui les expose davantage aux risques d’exploitation et de violences.
Dans sa correspondance, l’organisation affirme que les groupes armés contrôlent désormais une grande partie de la région métropolitaine ainsi que plusieurs zones de province. Cette expansion de l’insécurité s’accompagne, selon elle, d’un affaiblissement progressif des institutions publiques.
L’OCNH rappelle que depuis l’expiration de la charte de transition, le pays évolue dans un contexte marqué par l’absence de Parlement et les difficultés de fonctionnement du système judiciaire. Cette situation alimente les inquiétudes liées à la gouvernance et à la légitimité démocratique.
L’organisme estime que la rencontre entre António Guterres et le Premier ministre de facto, , représente une occasion importante pour redéfinir les priorités de la transition et renforcer la protection des populations civiles.
À travers son mémorandum, l’OCNH formule plusieurs recommandations qu’elle juge essentielles pour répondre aux défis actuels.
L’organisation demande en premier lieu la mise en œuvre d’un plan d’urgence national consacré à la restauration de l’identité et de l’état civil. Elle préconise notamment le déploiement de cliniques mobiles d’état civil à proximité des camps de déplacés et la délivrance gratuite de nouvelles pièces d’identité aux personnes ayant perdu leurs documents.
L’OCNH appelle également les Nations unies à renforcer les mécanismes de contrôle et de reddition de comptes dans le cadre de l’appui apporté aux institutions de sécurité. L’objectif est de prévenir les abus et de garantir le respect des droits fondamentaux des citoyens.
Par ailleurs, l’organisation insiste sur la nécessité de sécuriser les camps de déplacés et de créer des corridors humanitaires permettant aux familles affectées d’accéder à une assistance adéquate. Elle estime que le retour volontaire et sécurisé des déplacés doit figurer parmi les principales priorités de l’agenda national.
L’OCNH considère que la centralisation actuelle des pouvoirs entre les mains de l’exécutif de fait ne peut perdurer. L’organisation demande à l’ONU de conditionner son soutien politique et technique à l’établissement d’un calendrier électoral clair devant conduire à des élections inclusives, libres et démocratiques.
Elle souligne également l’importance de la refonte de l’état civil et de la réinscription des personnes déplacées sur les listes électorales grâce à l’octroi de nouvelles cartes d’identité. Selon l’organisme, ces mesures constituent des préalables indispensables à la crédibilité du futur scrutin.
L’OCNH plaide enfin pour un renforcement du financement direct des organisations haïtiennes de défense des droits humains. Elle estime que ces structures demeurent en première ligne pour assister les populations affectées lorsque les conditions sécuritaires limitent les interventions des acteurs internationaux.
En conclusion, l’organisation exprime l’espoir que la visite d’António Guterres marque un tournant décisif dans la réponse internationale à la crise haïtienne. Au-delà des messages de solidarité, elle affirme que les citoyens attendent désormais des engagements clairs et des résultats tangibles en matière de sécurité, de justice, de protection des droits humains et de reconstruction démocratique.
Pour l’OCNH, la fin de l’impunité des groupes armés ainsi que le rétablissement des institutions républicaines demeurent les conditions essentielles pour permettre à Haïti de retrouver la stabilité et de renouer avec un développement durable.
Mederson Alcindor
Haiti Press Network (HPN)












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