Report des élections : les réactions se multiplient, Clarens Renois exige un nouveau calendrier

Le report sine die des élections initialement prévues pour le 13 décembre 2026, provoque de nombreuses réactions dans les milieux politiques et au sein de la population. Pour plusieurs acteurs, cette décision confirme les difficultés rencontrées par les autorités pour réunir les conditions nécessaires à l’organisation du scrutin.
Dans une note publiée le 5 octobre, le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé le réaménagement de plusieurs échéances du processus électoral.
L’inscription en ligne des candidats ainsi que le dépôt des pièces requises sont prolongés jusqu’au 31 octobre, tandis que les dates de la campagne électorale sont reportées.
Le CEP indique travailler à l’élaboration d’un calendrier actualisé qui sera publié ultérieurement.
Le dirigeant de l’Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (UNIR-Haïti), Clarens Renois, estime que les dernières décisions du CEP montrent clairement que les élections ne pourront pas se tenir le 13 décembre comme initialement prévu.
Selon lui, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé doit engager des discussions avec l’ensemble des secteurs concernés afin de parvenir à un accord sur une nouvelle date pour les élections.
Clarens Renois dit également craindre que la tenue du scrutin dans les conditions sécuritaires actuelles puisse provoquer de graves violences. Il estime que les conditions ne sont pas réunies pour organiser des élections dans un environnement suffisamment sécurisé.
Le responsable d’UNIR-Haïti préconise ainsi la recherche d’un consensus national autour d’un calendrier électoral qui devra, cette fois, être respecté.
Il appelle également à une meilleure coordination des forces de sécurité afin de garantir la protection des électeurs, des candidats et du matériel électoral.
« Nous sommes dans l’improvisation. L’État ne sait pas où il va », déplore-t-il, appelant à mettre en place les conditions nécessaires pour que les élections puissent se dérouler dans un climat acceptable et ne débouchent pas sur une nouvelle crise.
Clarens Renois estime par ailleurs que la gouvernance chargée d’organiser les élections doit être neutre et affirme que le gouvernement doit dialoguer avec les forces politiques et sociales du pays pour établir un calendrier clair et réalisable.
De son côté, le coordonnateur du Collectif 4 décembre, Jean-Robert Argant, met directement en cause la capacité du gouvernement actuel à conduire le processus électoral.
Il considère que l’incapacité à organiser les élections à la date du 13 décembre et à améliorer la situation sécuritaire devrait, selon lui, conduire l’équipe actuellement au pouvoir à se retirer afin de faire place à un nouvel exécutif.
Jean Robert Argant plaide notamment pour la mise en place d’un exécutif bicefale, avec un juge issu de la Cour de cassation et un nouveau premier ministre.
Il appelle également les partis politiques à s’organiser afin de proposer une alternative à l’équipe actuellement aux commandes du pays.
Le responsable du Collectif 4 décembre rejette, par ailleurs, toute solution qui donnerait aux acteurs étrangers un rôle déterminant dans les décisions relatives à la gouvernance d’Haïti.
Plusieurs citoyens interrogés sur le report du scrutin affirment que la décision n’est pas véritablement une surprise.
Ils rappellent que les autorités ont régulièrement reconnu que les conditions sécuritaires ne permettaient pas, jusqu’ici, de garantir la tenue d’élections dans plusieurs régions du pays.
Certains citoyens redoutent toutefois que le report sans nouvelle date précise puisse contribuer à prolonger la période de transition. Ils s’interrogent notamment sur la capacité des autorités à fixer rapidement une nouvelle échéance et à respecter celle-ci.
D’autres expriment également des réserves quant à la neutralité du gouvernement dans la conduite du processus électoral. Ils évoquent notamment la création par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de sa propre structure politique et se demandent si l’exécutif pourra garantir un processus électoral transparent, inclusif et sans favoritisme.
DO/HPN












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