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Haïti-Société-Économie : Des villes sur les pas étouffant de débrouillards !

il y a 12 minutes
3 min de lecture


Le sous-développement. La mauvaise gouvernance. L’inefficacité et la corruption dans la gestion des fonds de l’État par les décideurs. Le chômage à fréquences très élevées. L’insécurité grandissante. La violence constante des groupes armés illégaux. La multiplication de la misère dans une société tristement sans repères. Ce sont en effet des maux presque irrémédiables, qui engendrent une situation socio-économique précaire des plus préoccupantes dans le pays, constate Haiti Press Network, notamment pendant cette dernière décennie.


 

Le souci de vouloir échapper sous le poids de la vie qui pèse lourd dans la tête, le ventre et les triples des moins nantis, pousse une bonne partie de la population vivant dans la pauvreté extrême, à se jeter dans les rues, des coins et recoins en quête de survie.


 

Cette situation liée en grande partie au chômage et la misère des plus abjectes, est une réalité flagrante observée tant dans les villes de province, que dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où ce constat alarment demeure beaucoup plus critique et avilissant.


 


Les petits commerces envahissent la vie comme des champignons. Ce qui, visiblement, rend le quotidien encore plus difficile à ceux qui vaquent à leurs activités. Il n’existe presque pas un endroit fréquenté par des usagers, où il n’y a pas l’installation, dans le plus grand désordre, des marchandises quelconques.


 


Quand ce n’est pas un petit commerce forgé de quasiment rien du tout devant une bicoque, ce sont les rues et les trottoirs qui se retrouvent bien souvent encombrées de débrouillards et d’attirails. Partout où l’on passe, tout un commerce s’exposé souvent aux mouches dans des environnements malsains ; constitue généralement une entrave à la circulation piétonne et automobile.


 


Les communes de Pétion-Ville et de Delmas particulièrement, où la vie semblerait éclore dans les ténèbres de la sauvagerie et la bestialité, imposée par des fossoyeurs semant le deuil et la désolation au sein de modestes familles, sont très loin d’être épargnées de cette réalité asphyxiante, tristement observée par l’Agence de presse.


 


Certains débrouillards prenant place à même le sol avec leurs bataclans sur les trottoirs et les chaussées, passent parfois une journée entière à attendre sans succès, des clients qui ne viennent pas. La plupart disposent d’un petit commerce ne valant même pas 500 gourdes. Cependant, ils engagent les rues. Des commerces frisant parfois le ridicule, en veux-tu en voilà.  


 


« C’est triste mais c’est la réalité. On investit la rue juste pour ne pas rester les bras en croix. On n’y gagne pas toujours grand-chose. Ma vie économique est un enfer », a raconté à HPN une marchande de produits cosmétiques.


 


Sous le soleil de plomb comme sous la pluie, les débrouillards offrent aux passants et/ou aux passagers dans les transports en commun. Les plus intelligents se rivalisent même de vitesse avec des véhicules. Ils se mettent en quatre. Ce, juste pour offrir soit un paquet de bonbons, des surettes, des boules de chocolat pour ne citer que ces choses. 


 


« C’est juste pour ne pas rester à la maison et quémander de la charité L’aumône n’a jamais rendu grand. On se crée une activité quelconque pour essayer de noyer son chagrin et de forcer le sourire à la vie lorsqu’elle n’arrête pas de nous chatouiller », a balancé Siliane qui offrait des surettes aux passagers dans une camionnette effectuant le trajet Pétion-Ville/Delmas et vice-versa.   


 


Nonobstant, en dépit des journées traumatisantes en termes de mauvaises ventes parfois, il est de toute évidence, qu’il en vaut la peine pour ces débrouillards de mener une quelconque activité à but lucratif juste pour éviter de rester cloîtrés chez eux, sans savoir à quel saint se vouer.


 

Alix Laroche/HPN


Photo : Archives Google

 
 
 

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