Haïti-Société : Décès de Jean Coulanges, anthropologue et gardien du patrimoine spirituel haïtien
- etrof16
- 5 janv.
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La nouvelle du décès est confirmée ce lundi 5 janvier 2026, par un haut cadre du Ministère de la Culture.Né le 16 février 1941 en Haïti, Jean Coulanges s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre majeure au service de la mémoire culturelle et spirituelle haïtienne. Anthropologue de formation, il s’est distingué par sa voix profonde et habitée, qu’il mit au service de sa passion : faire vivre et transmettre les hymnes dédiées au panthéon vaudou, trésor immatériel aujourd’hui menacé d’effacement.
En 2013, il publie l’album « Anonse », œuvre de référence rassemblant onze pièces issues pour la plupart de la tradition orale. Deux d’entre elles sont cependant identifiées : « Erzulie Nennenn-o » de Candio Despradines, et le rara « Ligidon », signé par Tiga et Jean Coulanges.
Ces chants sacrés, aux accents mystiques et incantatoires, alternant langage rituel et créole, constituent une contribution essentielle à la discographie spirituelle haïtienne. Son travail s’inscrivait dans une démarche claire : préserver un patrimoine en péril face à la globalisation unilatérale, et affirmer la singularité culturelle haïtienne dans une perspective d’altermondialisme et de souveraineté identitaire.
Jean Coulanges était également le grand frère du célèbre guitariste et compositeur Amos Coulanges, autre grande figure de la création haïtienne.
Par son engagement, sa rigueur intellectuelle et sa sensibilité artistique, il a contribué à faire reconnaître le vaudou comme matrice culturelle, mémoire vivante et source d’inspiration esthétique.Il assumait en outre la fonction de directeur de la Commission nationale haïtienne pour l’UNESCO, où il militait activement pour la valorisation du patrimoine national.
Sa disparition laisse un vide immense dans le monde culturel et académique. Mais son œuvre continue de résonner comme une mémoire pour Haïti.
Yves Paul LÉANDRE



















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