Haïti-Presse : " Le journalisme n’est pas seulement une profession, c’est une vocation " dixit Dr Joël Lorquet
- il y a 13 minutes
- 2 min de lecture

Au terme de trois jours de formation à l’hôtel Montana de Pétion-Ville, des professionnels issus de différents médias ont bouclé la session avec un pincement au cœur. « Est-ce que l’on va se revoir ? », se demandaient certains participants, visiblement marqués par la qualité des échanges et l’esprit de confraternité qui a régné durant ces journées.
Parmi les journalistes présents figuraient notamment : Mme Wyphalda Jean (TNH), Mme Kettia Marcellus (La Présidence), Mme Sandra Duvivier, présidente de la Commission technique de restructuration des Médias d’État, M. Lesly Renaud Jean (Radio Métropole), M. Patrice Mérisier (Ministère de la Communication), Mme Marie Lucie Bonhomme (Télé Pluriel), M. Yves Paul Léandre et Sahidna Antoine (Direction culturelle TNH), M. Brincy Fils-Aimé (RNH), Me Alex Carlasse, journaliste-présentateur à Vant Bèf Info, ainsi que Me Godson Lubrun (HPN), pour ne citer que ceux-là.
Ce séminaire de formation, consacré à l’intégration de l’intelligence artificielle générative dans les pratiques journalistiques, s’est déroulé dans un contexte national marqué par de multiples défis sécuritaires et institutionnels. Au-delà de l’apprentissage technique, il a constitué un véritable moment de retrouvailles. Certains confrères et consœurs se rencontraient après dix à quinze années de carrière.
Durant ces trois jours, les échanges ont porté sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle, le maintien du contrôle éditorial et l’évolution du métier face aux mutations technologiques.
À l’ouverture des travaux, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’adapter le journalisme aux transformations numériques sans compromettre l’éthique et la déontologie.
L’intelligence artificielle a été présentée comme un outil d’assistance capable de faciliter la recherche d’informations, la correction de textes, la synthèse de contenus et l’analyse de données complexes. Toutefois, elle ne saurait remplacer le discernement humain ni la responsabilité éditoriale, a fait savoir Patrick Attié, intervenant principal de la formation.
« Dans un environnement où chacun peut diffuser du contenu à partir d’un simple téléphone portable, la formation continue apparaît comme une exigence incontournable pour préserver la crédibilité de la presse », a indiqué Joël Lorquet, officier senior de communication au Bureau des affaires publiques de l’Ambassade américaine à Port-au-Prince, dans ses propos de remerciements.Maîtriser les outils sans perdre l’esprit critique demeure un véritable défi.
Une large part des discussions a porté sur l’ingénierie des requêtes (prompt engineering), technique permettant d’optimiser l’utilisation des outils d’IA générative. Les formateurs ont expliqué que la qualité des résultats dépend étroitement de la précision des instructions fournies. Si ces technologies peuvent accomplir une part importante du travail technique, la vérification, l’analyse critique et la validation finale relèvent exclusivement du journaliste.
Les risques liés aux biais algorithmiques ont également été évoqués, appelant à une vigilance constante face aux contenus produits automatiquement.
« Dans un contexte marqué par la propagation rapide de la désinformation et la sophistication croissante des contenus générés artificiellement, la rigueur, l’indépendance et l’intégrité demeurent les piliers du métier », a insisté Dr Lorquet.
Au terme du séminaire, un message fort s’est imposé : la technologie peut accompagner le journaliste, mais elle ne peut remplacer sa conscience professionnelle. Car, au-delà d’un métier, le journalisme demeure avant tout une vocation.
Yves Paul Léandre
HPN












Commentaires