Haïti : L'OIDG prend acte de la transition menée par Alix Didier Fils-Aimée à la tête du Conseil des ministres en Haïti
- etrof16
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L’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (OIDG) dit prendre acte, ce samedi 7 février 2026, de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), conformément aux dispositions de l’accord politique du 3 avril 2024. À cette date hautement symbolique de la vie politique haïtienne, la conduite des affaires de l’État est désormais assurée par le Conseil des ministres, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Dans une analyse rendue publique par son président, Ambroise Guillaume, l’OIDG rappelle que cette échéance survient au terme d’une séquence politique dense, marquée par plusieurs tentatives de réaménagement du cadre de la transition. La Communauté caribéenne (CARICOM) a notamment engagé une série de consultations avec les principales forces politiques et sociales du pays, dans l’objectif de jeter les bases d’un nouvel accord de gouvernance. En parallèle, le Congrès patriotique a réuni ces mêmes acteurs autour d’échanges visant à rapprocher les positions et à dégager un mécanisme de transition susceptible de recueillir une adhésion majoritaire.
De ces discussions est ressortie une convergence notable en faveur de la mise en place d’un exécutif bicéphale. Toutefois, aucun consensus n’a pu être trouvé sur l’identité des personnalités appelées à occuper les fonctions de Président et de Premier ministre, mettant une nouvelle fois en lumière la profondeur des clivages politiques et la fragilité des compromis entre acteurs nationaux.
À la suite de ces échanges, une nouvelle rencontre s’est tenue entre les parties prenantes et la CARICOM. Il y a été établi que, dans le contexte actuel, la gestion de l’exécutif de la transition devrait être confiée à des technocrates sans affiliation politique affirmée, avec pour objectif central l’organisation d’élections crédibles et la passation du pouvoir à des autorités élues le 7 février 2027.
Par ailleurs, l’OIDG indique avoir pris note des assises organisées du 1er au 3 février 2026 par d’anciens membres du CPT avec divers acteurs nationaux. Ces rencontres visaient, selon leurs initiateurs, à définir les mécanismes de gouvernance et à identifier les personnalités chargées de conduire une nouvelle phase transitoire, présentée comme un préalable à la remise du pouvoir à une nouvelle équipe gouvernementale à la date constitutionnelle du 7 février 2026.
Pour Ambroise Guillaume, force est de constater que l’ensemble de ces initiatives n’a pas permis de dégager une solution politique consensuelle à l’expiration du mandat du CPT. Face à cette impasse, l’OIDG appelle le Conseil des ministres sortant, conduit par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à convoquer sans délai l’ensemble des forces vives de la nation, en vue de parvenir à un accord politique susceptible de doter le pays d’un exécutif bicéphale légitime et opérationnel.
L’Observatoire insiste également sur la nécessité urgente d’un dialogue sincère, inclusif et structuré, associant toutes les composantes de la société haïtienne, afin de jeter les bases d’un pacte de gouvernabilité sur une période de vingt-cinq ans. À cet égard, les actes du Forum de l’OIDG sur la crise haïtienne constituent, selon son président, un socle de réflexion majeur.
Cette démarche est renforcée par une vaste étude historique couvrant plus de deux siècles de vie politique nationale. Intitulée « Évaluation de la qualité de la gouvernance politique en Haïti de 1804 à 2025 », cette recherche, conduite sous la direction du professeur Jean-Antoine Mathias Lauréus à la demande de l’OIDG, se veut un outil d’analyse critique et de projection stratégique pour repenser durablement l’avenir institutionnel du pays.
Yves Paul LÉANDRE















