Haïti-Politique : UNIR alerte sur l’insécurité et la fiabilité du processus électoral


Le coordonnateur général du parti UNIR, Clarens Renois, estime que les conditions actuelles ne sont pas réunies pour organiser les prochaines élections en Haïti. Invité ce lundi à l'émission Face à la Nation sur la Radio Nationale d’Haïti, l’homme politique a exprimé de sérieuses réserves sur le processus électoral en cours, notamment en raison de l’insécurité persistante et du manque de confiance dans la machine électorale.
Selon Clarens Renois, Haïti traverse actuellement une situation sociopolitique sans précédent depuis la période post-duvaliériste. Il dénonce notamment l’emprise croissante des gangs armés sur plusieurs territoires du pays, marquée, selon lui, par une succession de massacres et une réponse insuffisante de l’État face à la montée de la criminalité.
Pour illustrer son analyse, le dirigeant d’UNIR évoque le récent massacre de Kenscoff, au cours duquel plusieurs dizaines de personnes auraient été tuées, tandis que d’autres auraient été enlevées ou séquestrées par des groupes armés.
« L’arrogance des gangs armés pour exhiber leurs armes et semer la terreur par des massacres montre à quel niveau l’État s’adapte à la normalisation de la criminalité à travers le pays. Aucun respect pour les dépouilles des victimes, aucune réponse proportionnelle et aucune sanction jusqu’à date », dénonce Clarens Renois.
UNIR exige justice pour les victimes de Kenscoff
Face à cette situation, le parti UNIR critique sévèrement l’attitude des autorités, notamment des hauts responsables membres du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN). La formation politique réclame justice et réparation pour les victimes du massacre de Kenscoff.
Clarens Renois met également en cause le gouvernement, qu’il accuse de ne pas créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et sécurisées.
« Pour moi, le CEP est en train de préparer un massacre électoral dans ce contexte d’insécurité. Les routes donnant accès à la capitale, Port-au-Prince, restent bloquées et les massacres continuent. En résumé, c’est une mascarade qui est en train de se préparer », affirme-t-il.
Le coordonnateur d’UNIR soulève également des préoccupations concernant l’utilisation des données d’identité liées à la base de données du Conseil électoral provisoire (CEP).
Selon lui, une vaste opération de fraude serait en cours, avec l’utilisation présumée des identités de citoyens par certaines plateformes politiques proches du pouvoir, notamment pour constituer les 30 000 membres exigés dans le cadre du processus électoral.
« Il faudrait une action en justice contre l’État haïtien pour ce commerce d’identité qui risque d’entraver la crédibilité du processus électoral en cours », soutient Clarens Renois.
Ces accusations, si elles sont confirmées, pourraient alimenter davantage les inquiétudes déjà exprimées par certains acteurs politiques et de la société civile concernant la transparence et la crédibilité du processus électoral.
UNIR pour une solution à l’haïtienne
Clarens Renois estime enfin que si les autorités ne parviennent pas à rétablir un climat sécuritaire favorable à l’organisation des élections, une alternative politique devra être envisagée. Le dirigeant d’UNIR plaide ainsi pour la recherche d’une solution à l’haïtienne permettant, selon lui, de mettre en place un gouvernement crédible et une structure de gouvernance conforme aux prescrits de la Constitution haïtienne.
À quelques mois des échéances électorales annoncées, les déclarations de Clarens Renois illustrent les profondes inquiétudes qui persistent autour de la capacité de l’État à garantir la sécurité des électeurs et la crédibilité du processus électoral.
Judelor Louis Charles












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