Haïti : l’OCNH sensibilise les autorités sur le suivi des recommandations de l’EPU au bénéfice des citoyens

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a réuni, mardi 15 septembre 2026, plusieurs acteurs autour de l’Examen périodique universel (EPU). Les discussions ont porté sur la situation des droits humains et le suivi des engagements pris par Haïti.
Cet atelier a réuni notamment le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, le Protecteur du citoyen a.i., Jean Wilner Morin, le Protecteur du citoyen adjoint Me Amoce Auguste et le Directeur general de l'OPC, Jude Jean-Pierre. Des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et du HCR ont également participé aux travaux.
Durant la journée, les échanges ont porté principalement sur l’accès à la justice, le droit à l’identité, la détention préventive prolongée et les conditions carcérales.
L’OCNH appelle à donner une suite aux recommandations
Dans son intervention, le directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a insisté sur l’importance du suivi des recommandations formulées dans le cadre de l’EPU. Il a appelé les acteurs concernés à travailler davantage pour transformer ces engagements en mesures concrètes.
Selon Me Occius, la situation actuelle du pays exige une meilleure coordination entre les institutions. Il souhaite notamment renforcer la coopération entre l’État, l’Office de la protection du citoyen (OPC), les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux.
Le directeur exécutif de l’OCNH a aussi évoqué plusieurs réalités observées sur le terrain. Il a cité la détention préventive injustifiée, les difficultés liées à l’identité juridique, l’accompagnement des victimes de violences basées sur le genre et la situation des personnes déplacées internes.
Jean Wilner Morin interpelle sur le bilan de 2022
De son côté, le Protecteur du citoyen a.i., Jean Wilner Morin, a évoqué plusieurs problèmes qui continuent de toucher les droits humains en Haïti. Il a notamment parlé de l’insécurité, de l’accès à la justice, de l’impunité, de la détention préventive prolongée et de la protection des personnes vulnérables.
Toutefois, il estime que l’EPU ne doit pas seulement permettre de constater les difficultés du pays. « Il doit être une occasion de rechercher des solutions », a-t-il déclaré.
Revenant sur l’examen d’Haïti du 31 janvier 2022, Jean Wilner Morin a rappelé que le pays avait accepté 205 recommandations. Ces recommandations concernaient notamment la justice, la sécurité, les droits humains et la protection des personnes vulnérables.
Quatre ans après, le responsable de l’OPC estime qu’il faut surtout regarder ce qui a été fait. « La véritable question aujourd’hui n’est pas seulement de savoir quelles recommandations nous avions acceptées. La véritable question est : qu’avons-nous fait de ces recommandations ? », s’est-il interrogé.
Des engagements à traduire dans la réalité
Pour Jean Wilner Morin, les engagements internationaux doivent avoir des effets concrets sur la vie des citoyens. Une recommandation concernant l’accès à la justice doit notamment permettre aux justiciables d’obtenir une décision dans un délai raisonnable.
De même, les recommandations relatives à la détention doivent contribuer à réduire la détention préventive prolongée et les situations de détention arbitraire. Il appelle donc à un suivi plus attentif des engagements pris par l’État haïtien.
Dans cette démarche, il a rappelé le rôle de l’Office de la protection du citoyen. L’institution reçoit les plaintes, écoute les citoyens, observe les violations des droits humains et formule des recommandations.
La société civile occupe également une place importante dans ce travail. Ses organisations documentent les violations, accompagnent les victimes et relaient les préoccupations des personnes les plus vulnérables.
Par ailleurs, les travaux de l’atelier ont porté sur le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans le processus de l’EPU. L’évaluation des recommandations précédentes et la collaboration entre les institutions figuraient également parmi les sujets abordés.
Les participants ont aussi discuté de la préparation d’une feuille de route pour les prochaines échéances de l’EPU. L’objectif est de mieux organiser le suivi des engagements et de favoriser une collaboration plus régulière entre les différents acteurs. Le suivi des recommandations reste donc un enjeu important pour la protection des droits humains en Haïti.
MA/HPN












Commentaires