Football: Haïti frappe fort en prélude au Mondial 2026
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Par Jim EMMANUEL
Les Grenadiers infligent un cinglant 4-0 à la Nouvelle-Zélande et poursuivent leur montée en puissance avant le grand rendez-vous planétaire.
Buteurs : Ruben Providence (12'). Lenny Joseph (2e mi-temps). Frantzdy Pierrot. Duke Lacroix...
À moins d’une décade du Mondial, tandis qu'une myriade d'observateurs s'évertuent à disséquer les forces en présence, les Grenadiers ont préféré s'exprimer sur le terrain. Dont acte. La Nouvelle-Zélande en a fait les frais ce mardi au Lockhart Stadium de Fort Lauderdale : un clean sheet. Quatre buts à zéro. Une bagatelle de quatre réalisations. Quatre coups de canon. Une merveille de prestation. Un pinga adressé à ceux qui continuent de considérer Haïti comme l’outsider du grand rendez-vous planétaire à venir.
Qu'à cela ne tienne, les fils de Dessalines semblent désormais résolus à tenir la dragée haute à quiconque se dressera sur leur route.
Dès la douzième minute, Ruben PROVIDENCE sonnait la charge. Lenny JOSEPH lui emboîtait le pas après la pause. Puis Frantzdy PIERROT et Duke LACROIX achevaient l'ouvrage, les clous, annihilant méthodiquement les dernières espérances néo-zélandaises.
Le score est sans appel. Mais il ne raconte qu'une partie de l'histoire. Car cette rencontre avait tout d'un révélateur. Un révélateur de maturité. Un révélateur de confiance. Un révélateur d'ambition.
Depuis des mois, nos Grenadiers avancent à marche forcée vers ce rendez-vous mondial que plusieurs générations de footballeurs haïtiens n'ont connu qu'à travers les récits de leurs aînés. À force de sacrifices, à force de discipline, à force d'un véritable travail de bénédictin, ils ont fini par transformer ce qui paraissait naguère inaccessible en une réalité tangible.
Que le talent de cette équipe soit réel n'est plus qu’un secret de Polichinelle. Sa qualification pour le Mondial l'a démontré. Sa prestation face à la Nouvelle-Zélande l'a confirmé.
Forts de leurs acquis, mais conscients qu'aucune conquête durable ne s'obtient sans effort, les hommes de Sébastien MIGNÉ donnent aujourd'hui l'impression d'avoir franchi un cap. Ils ne semblent nullement en porte-à-faux face aux défis qui les attendent. Bien au contraire. Ils les regardent droit dans les yeux. Ils les accueillent. Ils les provoquent presque.
Et c'est précisément ce qui rend cette équipe si intéressante. Car dans un pays où les mauvaises nouvelles occupent trop souvent le devant de la scène, chaque succès national acquiert une portée qui dépasse largement le cadre de son domaine d'origine. Par ricochet, ce sont des millions d'Haïtiens qui se redressent un peu. Par ricochet, c'est une jeunesse qui entrevoit d'autres horizons. Par ricochet, c'est un peuple qui retrouve, ne serait-ce qu'un instant, le goût de la fierté collective.
« Cette équipe ne vient pas au Mondial pour admirer le décor. Elle vient pour jouer. Elle vient pour lutter. Elle vient pour défendre ses chances de haute lutte. »
Dans le football comme dans la vie, les efforts ne sont pas toujours récompensés.
Combien de fois avons-nous poussé notre rocher de Sisyphe jusqu'au sommet avant de le voir redescendre ? Combien de campagnes prometteuses se sont soldées par des désillusions ? Et pourtant. Le propre des peuples résilients est de recommencer. Toujours. Encore. Jusqu'à ce que les efforts cessent d'être vains.
Par cette soirée de mardi 02 juin 2026, au Lockhart Stadium, on aurait presque cru assister à l'une de ces soirées où le destin consent enfin à desserrer son étreinte. On aurait juré entendre les tambours du Petro battre quelque part dans les gradins. On aurait presque cru que Legba lui-même avait accueilli nos Grenadiers qui mandaient passage. Comme si les barrières s'écartaient. Comme si les impédimentas accumulés sur la route du football haïtien depuis des décennies perdaient soudainement de leur poids. Comme si Ogou Feray et Danmbala Wedo avaient borné le rectangle vert.
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Certes, il ne s'agissait que d'un match amical. Mais peu s'en faut pour que sa portée symbolique dépasse largement ce simple cadre. Car à travers cette démonstration, Haïti a envoyé un message. Un message limpide. Un message sans détour. Un message que les futurs adversaires des Grenadiers auraient tort d'ignorer.
Le plus remarquable demeure peut-être ailleurs. Dans cette sérénité nouvelle. Dans cette impression que chacun connaît désormais son rôle. Dans cette alchimie collective qui fait souvent défaut aux équipes talentueuses. Frantzdy PIERROT n’est pas un lieutenant : il demeure le poto mitan de l'édifice. Autour de lui s'organise une génération qui refuse de céder aux complexes et qui semble avoir compris que les plus grandes aventures commencent toujours par un acte de foi.
Mais l'heure n'est pas encore aux conclusions hâtives et définitives. Un dernier rendez-vous attend, nos Grenadiers. Le Pérou se profile à l'horizon. Une autre nation de football. Un autre test. Une autre occasion d’apprécier le chemin parcouru et de mesurer chirurgicalement celui qu'il reste à accomplir. Après cette démonstration face à la Nouvelle-Zélande, une certitude s'impose : les Grenadiers avancent. Ils avancent avec méthode. Ils avancent avec confiance. Ils avancent fort de leurs convictions et de leur cohésion. Le Pérou arrive. Le Mondial suivra. Le reste appartient au terrain et à l’Histoire.
Jim EMMANUEL












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