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De catastrophe en catastrophe, Haïti toujours sous les ruines d’une reconstruction inachevée

  • etrof16
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture


Le 12 janvier 2010, à 16 h 53, la terre a tremblé en Haïti. En moins d’une minute, un séisme de magnitude 7,3 a détruit Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne, faisant basculer le pays dans l’une des pires tragédies de son histoire. L’épicentre, situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale, a provoqué l’effondrement de quartiers entiers. Plus de 280 000 personnes ont perdu la vie, environ 300 000 ont été blessées et près d’un demi-million se sont retrouvées sans abri.


Seize ans plus tard, les cicatrices sont toujours visibles. À Port-au-Prince, le Palais national, symbole du pouvoir, reste à l’état de ruines. La cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, autrefois l’un des repères de la capitale, n’a jamais été reconstruite, malgré de nombreuses annonces de projets.


Dans plusieurs quartiers, des bâtiments fissurés ou construits dans l’urgence après 2010 continuent d’abriter des familles.

Au lendemain du séisme, des milliards de dollars d’aide avaient été promis pour la reconstruction. Une structure internationale avait été mise en place pour coordonner les efforts. Mais au fil des années, cette gestion a été largement critiquée. Des projets annoncés n’ont jamais vu le jour, une partie des fonds n’a pas été clairement retracée, et la coordination avec les autorités haïtiennes est restée limitée. Faute de plan d’urbanisme et de contrôle public, la reconstruction a surtout reposé sur les habitants eux-mêmes.


Dans de nombreux quartiers, les maisons ont été rebâties sans ingénieurs ni normes parasismiques. Cette reconstruction informelle, dictée par la nécessité de se loger, laisse aujourd’hui encore des milliers de familles exposées à un nouveau drame en cas de séisme.


À cette fragilité structurelle s’ajoute une crise sécuritaire profonde. Le pays est confronté à une montée en puissance des groupes armés, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Entre juillet et septembre, au moins 1 247 personnes ont été tuées et 710 blessées, selon les Nations unies. Les violences ont aussi provoqué le déplacement de plus de 1,4 million de personnes à travers le pays, forçant des familles à abandonner leurs maisons et leurs quartiers.


Pour tenter d’enrayer cette spirale, une mission multinationale soutenue par l’ONU et dirigée par le Kenya a été déployée à partir de 2024 pour appuyer la Police nationale d’Haïti, en sous-effectif et sous-financée. Cette mission est en cours d’évolution vers une force plus robuste, habilitée à interpeller les membres présumés de gangs. Mais les moyens restent limités. Fin 2025, moins de la moitié des effectifs prévus étaient effectivement déployés, et seulement 14 % des 800 millions de dollars nécessaires au fonctionnement annuel avaient été mobilisés.


Sur le plan politique, Haïti reste également dans l’attente. En décembre 2025, le Conseil électoral provisoire a publié un calendrier couvrant la période 2025-2026, fixant le premier tour des élections législatives et présidentielle au 30 août 2026. Une annonce majeure dans un pays privé de scrutins depuis neuf ans, mais dont la mise en œuvre dépendra largement de l’évolution de la situation sécuritaire.


Seize ans après le séisme de 2010, Haïti reste ainsi pris entre les ruines du passé et l’incertitude du présent. Entre une reconstruction inachevée, une insécurité persistante et un processus politique fragile, le pays avance toujours sous la menace d’une nouvelle catastrophe, naturelle ou humaine.


Mederson Alcindor

Haiti Press Network (HPN)

 
 
 

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