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Carburant de mauvaise qualité : ECC exige des sanctions contre les responsables de l’État, mais qui sanctionnera le premier ministre ?

il y a 22 heures
3 min de lecture


L’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC) dénonce les défaillances des institutions publiques dans le contrôle de la qualité des produits pétroliers commercialisés en Haïti. Elle réclame des sanctions administratives, l’ouverture d’une enquête judiciaire et l’indemnisation des consommateurs victimes. Mais, jusqu’où doit remonter la chaîne des sanctions au sein de l’appareil gouvernemental ?


L’affaire du carburant de mauvaise qualité continue de susciter des réactions. Dans une note de presse publiée le 13 octobre 2026, l’organisation dénommée Ensemble Contre la Corruption (ECC) met en cause la gouvernance des autorités qu’elle accuse d’avoir failli à leur mission de contrôle et de protection des consommateurs.


L’ECC rappelle qu’une cargaison de produits pétroliers arrivée au terminal de Varreux au début du mois de septembre, avait été distribuée sur le marché sans avoir fait l’objet des analyses de conformité nécessaires.


Dans les jours suivants, de nombreux propriétaires de véhicules et de motocyclettes avaient signalé des dysfonctionnements mécaniques attribués à la mauvaise qualité de l’essence vendue dans les stations-service.


L’organisation estime que cette situation révèle de graves lacunes dans les mécanismes de surveillance des produits pétroliers et met directement en cause la responsabilité des institutions chargées de leur contrôle.


Dans son communiqué, l’organisation s’appuie notamment sur un avis au public publié le 15 septembre 2026 par le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI).


Selon ECC, cet avis confirme que la cargaison concernée n’avait pas fait l’objet d’une analyse préalable permettant d’établir sa conformité aux normes en vigueur.


L’organisation considère cette situation comme la manifestation d’une défaillance de plusieurs institutions publiques, notamment l’Administration générale des douanes (AGD), le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD), le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC).


Le secrétaire exécutif d’ECC, Edouard L. Paultre, critique particulièrement la position adoptée par le ministère du Commerce. À ses yeux, le communiqué ministériel ne permet pas d'identifier clairement les responsables des manquements dénoncés.


Il estime que les autorités cherchent à se décharger de leurs obligations, alors que les consommateurs subissent les conséquences financières de cette situation.


Pour le responsable de l’organisation, cette affaire illustre une gouvernance qui accorde trop peu d’attention aux préoccupations des citoyens. Il considère que l’État a failli à sa mission de protection des consommateurs.


Face à cette situation, Ensemble Contre la Corruption demande au premier ministre de prendre des mesures immédiates contre les ministres et directeurs généraux dont la responsabilité serait établie dans l'introduction et la commercialisation de carburant de mauvaise qualité sur le marché haïtien.


L’organisation réclame leur remplacement ainsi que l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire la lumière sur les circonstances de l’importation, du contrôle et de la distribution des produits pétroliers incriminés.


ECC souhaite notamment que les investigations portent sur l’ensemble de la chaîne de responsabilité, depuis les importateurs jusqu’aux institutions publiques chargées de vérifier la conformité des cargaisons.


Elle appelle également à l’intervention de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), afin que les éventuelles responsabilités administratives et pénales soient établies.


ECC insiste sur la nécessité de réparer les préjudices subis par les consommateurs et demande à l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) de recevoir les plaintes documentées des propriétaires de véhicules et de motocyclettes ayant subi des dommages mécaniques présumés liés à la qualité du carburant.


Elle souhaite que l’institution accompagne les victimes dans d’éventuelles démarches en réparation devant la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.


ECC préconise également la mobilisation des fonds de l’Office d’assurance véhicules contre tiers (OAVCT) pour permettre l’indemnisation des propriétaires concernés, et souhaite que cette mesure soit effective avant la fin du mois d’octobre 2026.


L’appel d’ECC à sanctionner les responsables publics suscite également une interrogation sur la responsabilité politique du chef du gouvernement lui-même.


Alors que l’organisation demande au premier ministre de sanctionner les ministres et directeurs généraux défaillants, des voix s'interrogent sur l'application de ce même principe de responsabilité au sommet de l'exécutif.


Cette interrogation renvoie notamment aux déclarations faites par le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé en 2025, lorsqu’il avait avoué qu’il avait été informé de la préparation d'une attaque de groupes armés contre la commune de Kenscoff.


Plus d’un lui reproche de ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour empêcher cette offensive, malgré les informations dont il disposait à l’époque.


Dans son communiqué, ECC appelle également les organisations de la société civile à engager une réflexion approfondie sur les procédures d'importation, les mécanismes de fixation des coûts et les dispositifs de contrôle de la qualité des produits pétroliers.


DO/HPN

 
 
 

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