Assassinat de Jovenel Moïse : Cinq ans après, une justice haïtienne toujours dans l'impasse
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Cinq ans après l'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée à Pèlerin 5 (Pétion-Ville) dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, les interrogations sur l'état de l'enquête judiciaire demeurent entières.
Alors que plusieurs procédures ont abouti aux États-Unis, en Haïti, le dossier continue d'alimenter les critiques en raison de l'absence de procès et de condamnations définitives.
À l'occasion de ce cinquième anniversaire, plusieurs anciennes personnalités de l'administration Moïse et observateurs de la vie publique ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'évolution du dossier.
L'ancien secrétaire général du Palais national, Rénald Lubérice, a estimé que l'absence de justice dans cette affaire constitue un signal préoccupant pour les institutions du pays.
Selon lui, si un chef d'État assassiné ne peut obtenir justice, il sera encore plus difficile de garantir celle-ci pour d'autres responsables ou citoyens victimes de crimes similaires.
Il attribue cette situation aux faiblesses du système judiciaire haïtien et affirme que plusieurs magistrats ayant tenté de faire avancer l'enquête ont été remplacés au fil des années.
Même constat du côté de l'ancien ministre de la Justice, Me Lucmane Délile, qui s'est dit profondément préoccupé par la lenteur de la procédure.
Il a rappelé que le président Jovenel Moïse bénéficiait, en théorie, d'un important dispositif de sécurité composé de plusieurs centaines d'agents.
Pourtant, un commando constitué d'Haïtiens et d'étrangers a pu pénétrer dans sa résidence et commettre le crime sans rencontrer de véritable résistance.
Pour l'ancien garde des Sceaux, l'absence de résultats concrets dans l'enquête risque d'encourager la répétition de tels actes si les responsabilités ne sont pas clairement établies et sanctionnées.
Il appelle les autorités judiciaires à accélérer le traitement du dossier afin de restaurer la confiance dans l'État de droit.
Le professeur Charles Tardieu a également dénoncé ce qu'il considère comme une incapacité de la justice haïtienne à faire progresser l'affaire.
Il souligne le contraste entre les avancées enregistrées aux États-Unis, où plusieurs personnes ont plaidé coupable ou ont déjà été condamnées pour leur implication dans le complot, et la situation en Haïti, où aucune condamnation définitive n'a encore été prononcée concernant les auteurs du crime.
Cinq ans après le « crime de Pèlerin 5 », l'assassinat de Jovenel Moïse demeure ainsi l'un des dossiers les plus emblématiques des difficultés du système judiciaire haïtien.
DO/HPN








