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Agir collectivement contre l’insécurité, l’urgente nécessite !

Aujourd’hui en Haïti, dire que l’heure est grave relève d’un langage euphémisé. Point besoin d’avoir une claire conscience des « réalités profondes » pour sentir et comprendre que certains ont délibérément choisi de faire de la Première République noire un lieu qui dépasse l’enfer en horreurs et en furies. Certains ? Oui, certains. Certains que vous et moi ne pouvons pas encore dénoncer, accuser, voire nommer parce qu’ils agissent non seulement dans l’anonymat et dans l’ombre, mais aussi et surtout parce qu’ils n’ont ni une voix, ni un visage connus. Face à l’insécurité généralisée qui s’impose plus que jamais en une énigme indéchiffrable, on peut toujours pointer du doigt les politiciens, dire qu’ils ont armé des jeunes des quartiers populaires aux fins d’avoir le contrôle des rouages du pouvoir. On peut toujours indexer la communauté internationale, les Etats-Unis en l’occurrence, dire qu’elle veut nous maintenir dans un état de dépendance et de pauvreté extrême pour mieux nous asservir. On peut dénoncer le « banditisme d’Etat », dire que le mal vient de la « bourgeoisie » qui ne subsiste que par l’instabilité… Bref, on peut accuser tout le monde et son père jusqu’à l’infini, mais un « fait » demeure : Haïti est sur une pente savonneuse, mais personne ou presque ne fait rien de concret et de réel pour la dévier de cette voie macabre qui mène tout droit à l’effondrement. Oui, pour dénoncer, accuser à tort et à travers, nous sommes des milliers, des centaines de milliers, sur les plateformes socionumériques (Facebook, Twitter, WhatsApp, Instagram) à arborer l’étendard… Mais voici venu le temps d’agir, personne n’est disponible ni disposé ; tout le monde est occupé, à l’évidence, à faire un live, à tweeter, à se perdre dans des logorrhées sur des groupes. Notre révolution, si ce mot a encore du sens pour nous, est plutôt virtuelle. Colère virtuelle. Engagement virtuel. Je tweete, donc je suis !


Agir !


Même si on ne sait pour qui ils le font et dans quel but, les bandits, eux, ils agissent concrètement. Ils sont dans le réel. Ils kidnappent, volent, violent, tuent… Le phénomène du banditisme est en passe de devenir, s’il ne l’est pas déjà devenu, fait social. Et face aux actions infernales des gangs armés, nous opposons, pour employer une expression devenue à la mode depuis la guerre russo-ukrainienne, une indignation sélective. L’enlèvement d’un directeur d’école, par exemple, suscite colères et protestations violentes tous azimuts, alors que passe comme une lettre à la poste la tentative de kidnapping d’un médecin touché par balles au moment du forfait, mort quelques jours après faute de soins urgents et appropriés… Le mal est un mal dépendamment qui il touche. Point besoin d’un Richard Cavé pour déplorer que « Nou preske pa moun ankò » ; cela se voit comme le nez au milieu du visage et se sent comme l’odeur d’urine de chat sur une moquette. L’heure est on ne peut plus grave ! Il y a quelque chose qui évoque l’enfer dans le contexte haïtien actuel où l’horreur va crescendo. Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut sortir du virtuel pour poser des actions collectives réelles. Laissons aux lâches l’espace virtuel, agissons réellement ! Donnons un sens, un contenu et un corps à notre indignation collective ! Puisque, comme l’a dit Jean-Paul Sartre, « il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d’être un héros », agissons collectivement pour inverser les rôles. Cessons d’être des lâches dont la colère et l’indignation ne dépassent pas les réseaux sociaux ! Engageons-nous totalement dans un élan citoyen collectif pour vaincre, hic et nunc, les héros du mal que représentent les gangs armés ! Revendiquons le droit à la sécurité de nos vies et biens ! Mobilisons-nous, réclamons un Etat fort, seul et vrai garant de la démocratie… ! Ainsi doit commencer la lutte nationale révolutionnaire pour le changement.


GA/HPN

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