39 ans après le massacre de Jean-Rabel, les Paysans réclament toujours justice
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Trente-neuf ans après le massacre de Jean-Rabel, qui a coûté la vie à 139 paysans et fait plus de 200 blessés, l'Organisation « Tèt Kole Ti Peyizan Ayisyen » continue d'exiger justice, réparation et la mise en œuvre d'une véritable réforme agraire en Haïti.
À l'occasion de cette commémoration, marquant le 39e anniversaire de cette tragédie survenue le 23 juillet 1987, l'organisation paysanne a organisé plusieurs activités de sensibilisation dans différentes régions du pays afin de rappeler la mémoire des victimes et d'appeler la population à se mobiliser face à la dégradation de la situation nationale.
Le coordonnateur de « Tèt Kole Ti Peyizan Ayisyen », Origène Louis, a souligné que cette journée ne constitue pas seulement un devoir de mémoire, mais également un appel à poursuivre le combat mené par les paysans de Jean-Rabel, qui revendiquaient le droit à la terre, la justice sociale et une réforme agraire.
Selon lui, les paysans haïtiens doivent continuer à défendre leur droit d'accéder à des terres cultivables afin de garantir leur autonomie économique et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.
Le dirigeant paysan a également dénoncé les conditions de vie extrêmement difficiles auxquelles sont confrontés les agriculteurs dans plusieurs régions, notamment à Kenscoff, dans le Plateau Central et dans le Bas-Artibonite. Il affirme que les activités des groupes armés empêchent les cultivateurs de travailler leurs terres, aggravant ainsi la crise agricole et alimentaire.
Origène Louis estime que les autorités haïtiennes ne manifestent aucune volonté réelle de résoudre cette situation. « Si cette volonté existait, des mesures concrètes auraient déjà été prises », a-t-il déclaré.
Il dénonce les violences dont sont régulièrement victimes les paysans et les commerçantes communément appelées « Madan Sara », essentielles à la commercialisation des produits agricoles. Selon lui, cette insécurité porte un coup sévère à la production agricole nationale.
De son côté, le secrétaire général de « Tèt Kole Ti Peyizan Ayisyen », Pierre Mary Louis, a vivement critiqué ce qu'il qualifie d'ingérence de la communauté internationale dans les affaires d'Haïti. Il a accusé certains acteurs nationaux de collaborer avec des intérêts étrangers pour maintenir le pays dans une situation de dépendance.
Le responsable paysan a appelé la population à se mobiliser contre ce qu'il décrit comme une « recolonisation » d'Haïti.
Il a également exhorté le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à revenir sur les contrats conclus avec des entreprises étrangères qu'il accuse de vouloir exploiter les ressources minières et les richesses naturelles du pays.
Près de quatre décennies après le massacre de Jean-Rabel, « Tèt Kole Ti Peyizan Ayisyen » estime que les revendications qui avaient conduit les paysans à se mobiliser en 1987 sont toujours d’actualité.
L'organisation réaffirme son engagement en faveur de la justice pour les victimes, de la défense des droits des paysans et de l'adoption de politiques publiques capables de relancer durablement le secteur agricole haïtien.
DO/HPN












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