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Haiti-Education : Et nos enfants, n’ont-ils pas le droit d’aller à l’école ?



Si le Pape Jean-Paul II revenait de sa mort et choisissait de revisiter Haïti, 39 ans après, il dirait encore avec plus de rigueur et de conviction : « Il faut que les choses changent en Haïti ! » Oui, de fond en comble, il faut que les choses changent dans la Première République noire. Révolte. Révolution. Soulèvement populaire... Appelez-le comme vous voudrez, il nous faut péremptoirement, par un acte collectif, volitif et convictionnel, rétablir ce pays dans sa grandeur. Mais, ce grand combat citoyen à entreprendre au nom et pour la démocratie ne peut pas se faire per fas et nefas. Il faut un modus faciendi, soutenu par l’application de certaines vertus et valeurs républicaines. Il nous faut définir une ligne et un but. Plus important encore, il faut cibler les vrais ennemis avec ou sans masque. D’ailleurs, lors d’une guerre on se bat contre un ennemi mais aussi contre soi. Chaque soldat, quel que soit son camp, doit être conscient de ces deux batailles. Pour tout dire, il ne faut pas incarner le mal que l’on prétend combattre. Mieux encore, il faut éviter d’être un mal qui se prend pour remède.


On y est pourtant, malheureusement ! Aujourd’hui, bandits armés et hommes politiques incarnent le mal absolu et empêchent nos enfants de reprendre le chemin de l’école. Certains diraient quelle école pour quel pays ? Mais, il s’agit là d’un tout autre débat. Important, reconnaissons-le. Si les chiffres avancés à l’ONU par le Ministre haïtien des Affaires étrangères, finalement redescendu sur terre, sont vrais, c’est plus de quatre millions d’enfants qui n’ont pas eu la chance de participer à la grande cérémonie républicaine et démocratique du 3 octobre 2022, la réouverture officielle des classes. Jusqu’à aujourd’hui, ils sont encore en vacances forcées, ne sachant pour combien de temps, hélas. Leur droit universel et fondamental est tout carrément violé, à cause de la sale guerre des intérêts de ceux qui se contrefichent de leur existence.


« Ce qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau », a génialement dit Louis Antoine Léon de Saint-Just. Pour nos enfants et pour leur avenir, il faut s’armer de courage pour rappeler à l’ordre les pseudo-révolutionnaires qui commettent par totale ignorance le double péché irrémissible de l’autodestruction de soi et de l’annihilation égoïste de l’autre. Dans l’Haïti d’aujourd’hui, personne, ni l’Etat failli, ni l’opposition rétrograde et myopique, ni la « bourgeoisie compradore » ne disposent d’autorité pour prétendre conduire une révolution de quelque nature qu’elle soit. Seuls les partisans de l’effondrement peuvent croire au contraire. Pour faire une révolution, celle qui s’avère plus que jamais nécessaire pour le pays, il faut avoir non seulement les moyens mais aussi la science et la sagesse nécessaires pour parvenir à ses fins. L’opération ayant cours aujourd’hui, affublée d’un nom vide de sens et bêtement grivois, n’a rien d’une révolution. Ce n’est même pas une parodie encore moins une caricature. C’est un bruit grimaçant violent, handicapant, qui empêche le pays de trouver, une foisde plus, la voie qui mène au consensus démocratique. Manifester, voire faire la révolution quand tout va mal, très mal, c’est un droit tout aussi fondamental que celui d’aller à l’école. Ceux qui aiment, en tout temps, commettre la sottise d’avoir un peu de goût, un peu d’esprit, un peu de raison, savent qu’il faut tout faire pour maintenir une vie scolaire même en temps de guerre.


GeorGes Castiba Allen

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