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Haïti-Société : De plus en plus d’abandons scolaires pour les guidons du taxi-moto



À Port-au-Prince comme dans nos villes de province, les jeunes garçons qui abandonnent les bancs de l’école pour embrasser plutôt les guidons d’une motocyclette, dans le but de fournir du service payé, sont de plus en plus nombreux dans cette activité lucrative, constate Haiti Press Network.


 

Les abandons scolaires signalés dans le système éducatif haïtien par le ministère de l'Éducation nationale sont divers, incluant les redoublements fréquents et les difficultés financières chroniques. Cependant, depuis quelques années, la motocyclette est devenue l'une des principales raisons d'abandon pour de jeunes garçons qui préfèrent les guidons aux manuels.


Une brève enquête menée par un journaliste de hpninfo.com dans plusieurs stations de motocyclettes révèle qu'au moins quatre conducteurs de taxi-moto sur cinq admettent avoir quitté le système scolaire avant d'avoir achevé leur éducation fondamentale.


« J'avais l'impression que l'école était un endroit où l'on tourmente l'esprit. J'avais du mal à m'adapter, d'autant plus que les difficultés économiques de mes parents ne m'ont pas laissé d'autre choix que d'abandonner. Ainsi, j'ai quitté l'école à la fin de ma huitième année fondamentale. Maintenant, cela fait déjà quatre ans que je travaille comme taxi-moto. Je me débrouille comme je peux. Après tout, gagner sa vie n'est-il pas l'objectif premier de la scolarisation ? », a déclaré Kervens, âgé de 19 ans, souriant, lors de son entretien avec HPN.


Cependant, ce jeune homme de 19 ans n'est pas le seul à ressentir le besoin de gagner de l'argent plutôt que de rester à l'école, une réalité partagée par beaucoup d'autres jeunes modestes de la société. Il semblerait que l'évolution du temps pousse particulièrement les jeunes Haïtiens vers des activités commerciales.


Akange, qui fait du taxi-moto depuis près de neuf ans, ne semble pas prêt à abandonner. Il affirme que dans un pays où le chômage affecte la vie quotidienne des jeunes, même ceux ayant acquis des compétences manuelles, faire du taxi-moto devient la meilleure option pour les jeunes garçons qui cherchent à éviter la délinquance et le banditisme.


« J'ai deux filles et un petit garçon qui vont à l'école. Ils doivent manger chaque jour. Ma femme ne travaille pas, elle n'a pas trouvé d'emploi. Je subviens aux besoins de ma famille et je gère notre quotidien grâce à ma motocyclette. J'ai même réussi à construire une petite maison pour nous. Cette activité ne garantit pas toujours un sourire à la fin de la journée, parfois se terminant vers 21 heures, mais elle me permet de survivre avec ma famille », a confié Akange, attaché à son activité.


Les besoins de subsistance, d'habillement, de divertissement et de loisirs poussent les jeunes à chercher de l'argent dès leur plus jeune âge. Le pays est confronté à d'énormes problèmes souvent insurmontables, incitant ces jeunes à quitter l'école avant d'achever leur cursus. Avec un tarif de 100 gourdes pour la plus petite course, le taxi-moto offre ces derniers temps une opportunité significative pour gagner de l'argent rapidement malgré le grand nombre de personnes s'adonnant à cette activité. Ces jeunes semblent de moins en moins intéressés par leur éducation et optent pour la voie de la rentabilité rapide.


Quelles solutions réfléchies peut-on apporter à ce dilemme devenant un problème majeur pour la société ? Seuls les responsables de l'État possèdent peut-être une réponse à cette question, exigeant une attention soutenue et spécifique.


Alix Laroche/HPN


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