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Haïti : Nous, la scandaleuse impuissance de la PNH et la cruauté monstrueuse des bandits

Sans chercher de faux-fuyants, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Frantz Elbé, a déclaré, le jeudi 7 décembre 2023, sur les ondes de la Radiotélévision Caraïbes : « La police nationale n’était pas préparée pour faire face à ces genres de situation ». Il parlait de l’hégémonie des gangs armés qui prolifèrent à un rythme effréné, gagnant ainsi de plus en plus de territoires. Cette dure vérité proférée de la bouche du Commandant en chef de la PNH devrait tout naturellement donner froid dans le dos, décupler d’indignation collective ; pourtant elle est passée comme une lettre à la poste. Une certaine presse sensationnaliste n’a retenu de l’interview d’Elbé que sa tentative de balayage de tout « lien étroit » avec le chef de gang de Torcelle, Vitel’Homme Innocent, étant accusé de connivence par le Défenseur des droits humains, Pierre Espérance. Par dilettantisme, le poisson a été noyé involontairement !

Revenons à l’essentiel. En affirmant sans fard que la police nationale n’était pas préparée pour faire face à ces genres de situation, le Directeur Général de l’institution,(que l’on dirait démissionnaire) est passé aux aveux, purement et simplement. En fait, il admet et reconnait, sans gêne, que la Police Nationale d’Haïti, dans toutes ses Unités, ne peut et ne pourra jamais mettre un terme à ce que certains observateurs ou analystes qualifient de « guérilla urbaine ». A moins d’un miracle ou d’une tricherie, dans tous les domaines de la vie, celui qui n’est pas préparé ne peut réussir. Que l’on ne s’y méprenne pas, en matière de Sécurité nationale on ne peut compter ni sur la Providence, encore moins sur les fausses vertus de la triche. D’ailleurs, la Sécurité nationale est une chose sérieuse, un défi qui se modifie en profondeur par l’évolution des hommes, du temps et des choses. Depuis que le monde est soumis aux règles des « Relations Internationales », la sécurité n’est plus vue comme la simple protection des frontières de l’Etat contre les agressions extérieures… Grosso modo, la sécurité est à la fois sociétale et humaine, reposant davantage sur des instruments civils, juridiques, administratifs, policiers et judiciaires que militaires. L’aveu d’impuissance du Commandant en chef est peu ou prou assimilable à une capitulation de la PNH face aux bandes criminelles dont la cruauté dépasse les limites de l’inhumain, mieux encore du non-humain. Capitulation qui ne dit pas son nom, mais capitulation quand même.

Mariani, nouveau territoire perdu

Voilà un exemple patent de cette capitulation latente de la Police Nationale d’Haïti. Ce quartier de la commune de Carrefour est tombé dans les griffes de ‘’Team asansè’’, un gang affilié à celui de Grand-Ravine. Ce, malgré la riposte policière maintenue pour l’en empêcher. Déjà, un poste de péage a été établi à Mariani par les malfrats sans foi ni loi, sans feu ni lieu, qui extorquent de l’argent aux bus et camions de marchandises qui fréquentent la Nationale #2 pour atteindre le Grand sud ou Port-au-Prince. Double peine pour conducteurs et passagers, quand on sait qu’à Martissant un droit de passage est depuis bien longtemps requis par la bande à Izo. Que dire de la Côte des Arcadins, où les deux plus anciens hôtels (Wahoo Bay et Ouanga Bay) dont les installations touristiques s’élèvent à plusieurs millions de dollars, ont été détruits par les bandits.

Sous équipée, en effectif très (trop) réduit depuis que le Programme Biden est arrivé comme du ‘’pain béni’’ pour bon nombre de ses membres, handicapée par d’interminables problèmes matériels et des faiblesses structurelles, la Police Nationale d’Haïti est à bout de souffle ; ses opérations aux appellations ronflantes et comminatoires ne sont que des coups d’épée dans les eaux troubles d’un océan où les gangsters sont de mystérieux requins. Parce qu’il est impératif de prendre au mot le DG Elbé, acceptons, non sans tristesse et indignation, que nous ne pouvons pas compter sur cette force de Police pour assurer notre sécurité. D’ailleurs, il est devenu cliché pour la PNH d’appeler à la collaboration de la population pour plus de résultats, alors que cette population aux abois face aux malfrats armés jusqu’aux dents ne sait elle-même à quel saint se vouer. Paradoxe !


GeorGes Allen


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