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Haïti-Corruption : Plus de 4 milliards de gourdes détournées au sein de l'Administration publique



L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a soumis, ce mercredi, à la justice haïtienne une série de rapports d'enquêtes portant sur plusieurs personnalités et institutions étatiques. Les accusations incluent le détournement de biens publics, l'enrichissement illicite, le blanchiment d'argent, l'abus de fonctions, la fausse déclaration de patrimoine, le faux en écriture publique et l'association de malfaiteurs. Selon le directeur général de l'ULCC, Me Hantz Jacques Ludwig Joseph, ces actes répréhensibles ont entraîné des pertes financières pour le trésor public, estimées à 4 milliards de gourdes, soit environ 2% du budget national 2023-2024.


Les rapports émis par l’ULCC pointent du doigt plusieurs institutions étatiques, notamment l’ONA, la Loterie de l’État Haïtien, le Centre National d’Équipement (CNE), le Ministère de l’Éducation Nationale, celui des Affaires Étrangères et des Cultes, la mairie de Ouanaminthe, et l’Autorité Portuaire Nationale (APN) à Saint-Marc. Les divers responsables qui se sont succédé à la tête de ces entités sont accusés de multiples méfaits, et le directeur de l’ULCC, Me Hantz Jacques Ludwig Joseph, en énumère quelques-uns.


Bien que le directeur de l'ULCC, Hantz Jacques Ludwig Joseph, n'ait pas fourni des détails exhaustifs sur tous les documents, le dossier de l'ONA a été spécifiquement mis en lumière lors de cette transmission à la justice. Au total, sept enquêtes pour corruption ont été menées au sein de l'Office National d'Assurance-vieillesse (ONA), dont cinq sous l'administration actuelle de l'ULCC. Selon Hantz Joseph, l'ONA est perçu comme un terrain propice à l'enrichissement illicite de certains responsables, au détriment de la population, constituant ainsi une institution rongée par la corruption.


Selon le directeur de l'ULCC, l'initiation des enquêtes représente simplement la première étape dans la lutte contre la corruption. Me Joseph critique le fait que la justice ne donne pas suite à la majorité des rapports qui ont été soumis. Le directeur général de l'Unité appelle ainsi les acteurs du système judiciaire à s'engager de manière plus proactive dans ces affaires.


Parmi les individus visés, l'ancien sénateur Nenel Cassy est pointé du doigt en raison d'une augmentation exponentielle de 277% de son patrimoine entre 2016 et 2017. Le rapport le concernant met en lumière plusieurs dépôts substantiels, atteignant parfois plusieurs milliers de dollars sur ses comptes en devises et des dizaines de millions sur ses comptes en gourdes dans diverses banques commerciales. De plus, l'ULCC révèle que l'ancien parlementaire et sa femme détiennent des comptes non déclarés. Incapable de justifier l'origine de ces fonds, l'ULCC préconise des poursuites judiciaires à son encontre pour enrichissement illicite.


Un autre sénateur, Willot Joseph, est également dans le collimateur de l'Unité. L'ancien représentant du Centre au Sénat n'a jamais effectué sa déclaration de patrimoine et a utilisé un faux document par le biais du greffier en chef du Tribunal de Première Instance de Hinche, Me Wilfrid Elie, abusant ainsi de sa fonction.


L'ULCC demande instamment la réalisation d'un audit général du Sénat de la République et appelle à des actions judiciaires contre les anciens sénateurs Joseph Lambert, Wanique Pierre, Richard Hervé Lénine Fourcand et Gracia Delva pour détournement de biens publics, notamment dans le cadre du dossier d'octroi des primes à une centaine de fonctionnaires via des cartes de débit. Des biens et équipements du Sénat, dont une quinzaine de véhicules, sont actuellement détenus par des tiers. En outre, l'Unité de Lutte contre la corruption leur reproche le recrutement irrégulier des policiers parlementaires qui bénéficient d'armes de gros calibre en dehors de tout contrôle de la PNH.


Marvens Pierre

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