Des organisations de droits humains dénoncent le décret minier du gouvernement Fils-Aimé
- 29 mai
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Plusieurs organisations haïtiennes de défense des droits humains ont exprimé leur vive opposition au nouveau décret relatif à l’exploitation minière publié par le gouvernement du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans le journal officiel Le Moniteur le 30 mars dernier.
Elles dénoncent un texte qui, selon elles, pourrait ouvrir davantage la voie à l’exploitation des ressources minières du pays par des intérêts étrangers, dans un contexte national marqué par une crise profonde.
En conférence de presse tenue ce mardi à Turgeau, la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (POHDH) et la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE-JILAP) ont exprimé leurs préoccupations face aux dispositions du décret-loi.
Le secrétaire exécutif de la POHDH, Alermy Piervilus, a estimé qu’Haïti traverse actuellement une période particulièrement difficile, marquée par l’insécurité, une crise sociopolitique persistante et des dysfonctionnements institutionnels majeurs. Dans ce contexte, il considère que les autorités de transition ne disposent pas de la légitimité nécessaire pour engager le pays sur des dossiers jugés stratégiques, tels que l’exploitation des ressources minières.
Il a également mis en avant ce qu’il qualifie de manque de transparence dans le décret gouvernemental, tout en soulignant plusieurs faiblesses qu’il affirme avoir identifiées dans le texte. Parmi les points soulevés figure notamment l’article 115, qui prévoit la transformation du Bureau des Mines en Autorité minière nationale. Selon les critiques formulées, cette nouvelle structure serait chargée à la fois de conclure des conventions minières et de conseiller le gouvernement en matière de politique minière, une situation qui, selon les organisations, pourrait soulever des questions sur l’indépendance et la gouvernance du secteur.
De son côté, la directrice de la CE-JILAP, Jocelyne Colas, a rappelé plusieurs expériences passées liées à l’exploitation minière en Haïti. Selon elle, les projets antérieurs n’ont pas généré les bénéfices économiques et le développement espérés par la population.
À travers cette prise de position, la CE-JILAP et la POHDH demandent au gouvernement de retirer ce décret et de suspendre toute délivrance de permis d’exploration, d’exploitation ou de concession minière, qu’il s’agisse de ressources métalliques ou énergétiques, jusqu’à l’élection de nouvelles autorités par voie démocratique.
Les deux organisations appellent également les populations vivant dans les zones potentiellement concernées par des projets miniers à demeurer vigilantes et mobilisées afin de défendre les intérêts nationaux.
Le président du New England Human Rights Organization (NEHRO), Josué Renaud, a lui aussi critiqué le décret publié dans Le Moniteur. Il estime qu’une telle décision ne relève pas des prérogatives du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Le responsable de la NEHRO a également dénoncé le silence observé par une partie de la classe politique et plusieurs secteurs de la vie nationale sur cette question. Il considère cette situation comme préoccupante et appelle la population à se mobiliser face à cette initiative gouvernementale.
DO/HPN












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