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Banditisme : les sanctions onusiennes, une gifle pour la justice haïtienne ?




Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) prétend sanctionner des chefs des gangs armés et leurs commanditaires qui alimentent et instaurent la violence et les crimes en Haïti. Quid de l’implication de la justice haïtienne dans le pourrissement de la situation et l’identification des coupables ?

Le porte-parole de la coalition criminelle de « G-9 an Fanmi », l’ancien policier Jimmy « Barbecue » Chérizier a souvent clamé haut et fort ne détenir aucun document bancaire, aucun patrimoine financier à l’étranger pouvant faire l’objet de sanctions internationales. Il s’est toujours vanté son engagement à combattre un système qui fragilise le progrès d’Haïti en s’attaquant à des catégories sociales moyennes qui tentent de joindre les deux bouts. Contraste pour certains !

En envisageant un régime de sanctions contre les fauteurs de trouble, l’ONU pense-t-elle impliquer la justice haïtienne dans ses opérations de « lessive » contre les fractions criminelles qui disséminent la violence et la terreur dans la première République noire du monde ? Une interrogation qui renvoie à agiter le débat sur le poids de la justice haïtienne dans la lutte contre le banditisme et la grande criminalité. Nombreux sont les avis de recherches lancés par la justice, les interdictions de départ émis par le parquet des juridictions concernées par la suprématie des gangs qui demeurent sans suite.

L’attaque armée perpétrée contre le Palais de justice de Port-au-Prince au mois de juin, suivie de l’occupation des lieux par le gang « 5 segond » dirigé par le dénommé « Izo » est révélatrice d’un système judiciaire à genoux. Aucune suite n’a été donnée par la Police Nationale d’Haïti (PNH) à la requête du commissaire du gouvernement, Me Jacques Lafontant d’intervenir dans l’enceinte du bâtiment accompagné de blindés et de policiers d’unités d’élite de l’institution policière pour déloger les criminels. Au final, les bandits ont déserté le Palais de justice après avoir emporté des matériels sensibles, des corps du délit, des coffre-fort et d’autres mobiliers. Un énième camouflet pour la justice.

En Haïti, la justice, cette Dame aux yeux bandés, n’existe que pour une catégorie sociale. Des oligarques du secteur privé des affaires, des gros bonnets du pouvoir politique ou de l’administration publique sont généralement protégés par des acteurs de la chaine pénale. Dans les organes de perception de taxes, la réalité est palpable et doit interpeller. La note des associations patronales au Premier ministre de facto, Ariel Henry, en août dernier annonçant un changement de cap dans les charges fiscales, est symptomatique d’un « laisser-aller » de trop.

Des opérateurs économiques, des importateurs de produits de base qui concèdent, à travers une note, n’avoir pas honoré leurs redevances fiscales à l’État en s’adonnant régulièrement à des opérations d’évasion fiscale, cela devrait, selon des observateurs, activer les leviers judicaires afin de permettre à l’État de récupérer ses impôts induits. La justice reste muette. De ces considérations et de bien d’autres, on comprend bien la logique d’un appareil judiciaire ayant main liée qui peine à remplir sa mission. La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU et ses effets qui se font déjà sentir, constituent purement et simplement une gifle assenée à la justice haïtienne, selon des voix avisées.


La Redaction


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